Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'Afrique centrale toute entière reste stupéfaite face aux révélations de corruption faites par la justice angolaise contre la famille de l'ancien président Eduardo Dos Santos. C'est en réalité le résultat d'un engagement politique exprimé au départ par le nouveau président Joaö Lourenço, 66 ans, élu président en septembre 2017.

La justice angolaise destitue progressivement l'empire Dos Santos, soupçonné d'avoir détourné et fait perdre à l'Etat des millions de dollars, suite à des actes de corruption ou simplement à cause des contrats-bidons. Isabel Dos Santos, 47 ans, l'une des plus grosses fortunes féminines africaines, et son frère José Filomone De Sousa Dos Santos, 43 ans,

sont dans le viseur de la justice, qui n'a pas tenu au départ compte de leur statut d'enfants d'ancien chef de l'Etat.

En démocratie, les trois pouvoirs d'Etat sont distincts, séparés : l'exécutif, le législatif et le judiciaire. L'Angola n'est pas une grande démocratie, mais sur ce coup-là, le président Lourenço essaie de ne pas interférer dans les affaires de la justice et la justice non plus n'attend pas les ordres du magistrat suprême. Tout baigne! 

Mais, on ne va pas s'en cacher. Si le chef de l'Etat angolais n'avait pas levé le pied sur la pédale pour permettre à la justice de faire son travail, aucune révélation des actes de corruption présumée sur d'aussi grandes personnalités, ayant géré les finances publiques, ne serait faite à ce jour.

Pour de nombreux gouvernements africains, la corruption est un système de financement des réseaux. C'est aussi le moyen par lequel il faut blanchir de colossales sommes d'argent détournées. Il faut lubrifier ce système pour qu'il tienne aussi longtemps que le régime ou le pouvoir subsiste. Dans le cas de l'Angola, les deux enfants de Dos Santos ont été aux manettes jusqu'à, non seulement se tordre les doigts, mais à casser la machine à sous.

C'est qui est intéressant dans le cas de l'Angola, c'est que le problème avait déjà fait maintes fois débat dans les réunions du parti, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) que dirigeait depuis 1979 le président Eduardo Dos Santos, 78 ans. Après son départ de la tête du pays et du parti, le séisme est arrivé. Mais le nouvel homme de Luanda a été méthodique.

Le président Lourenço a laissé la justice faire le travail. Il a juste nivelé le terrain. Un appel a été lancé à tous ceux qui avaient géré les finances publiques, et  qui auraient des choses à se reprocher ou des traces de détournements sur leur dos, de se prononcer devant les instances judiciaires. Et ils avaient six mois pour le faire. Les plus faibles, les peureux et les faire-valoir s'y sont rendus sans se faire prier. Les intouchables eux sont restés, savourant leur champagne, continuant à planquer leur fric à l'étranger, au Portugal et autres paradis fiscaux. Une fois la date arrivée à échéance, le procureur de la République, qui avait déjà le feu vert du président de la République depuis longtemps, lance ses attaques tous azimuts. Les preuves ont été accablantes. Les prises grosses, assez grosses et surprenantes !

Mais, c'est loin d'être terminé, car il faut que la justice prouve ces cas de corruption. Il faut appliquer la loi, dire le droit. C'est fini la politique les clameurs sauvages, c'est au juge d'organiser le jeu du prétoire, permettre aux avocats de plaider. Dans ce genre de procès, il faut être patient, rien n'est gagné d'avance.

Le cas de l'Angola n'est pas parfait, mais il reste très pédagogique pour toute l'Afrique dans la lutte contre la corruption, notamment la corruption des grands, des gens qui se cachent derrière les immunités que leur confèrent les titres politiques, les noms de famille ou le rang social. En plus, il est désormais prouvé que l'Afrique elle-même pouvait aujourd'hui entamer la lutte contre la corruption, des plus gros poissons, aux fretins. Tous dans la nasse!

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :