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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Nancy Lutumba, Trop jeune, Trop tôt!

Publié par Arsène SEVERIN sur 15 Novembre 2016, 22:55pm

Notre consoeur, notre petite soeur, Nancy Marie-France Loutoumba est décédée dans la nuit du 14 novembre des suites d'une maladie. La défunte travaillait aux Dépêches de Brazzaville et se spécialisait dans l'actualité économique. Elle sera inhumée le 24 novembre

Par ce poème de Papa Wemba et de Stervos Niarkos le Ngatié, " Mondela asala biloko ya kokamwisa,  alongi te kolamwuisa moto awe...Liwa elakisa bokasi bwa Nkolo. Toyaka kotuta mokili ya ngo, lokola pe ekotikala", Nancy Loutoumba "lelo ba mboka ya Yaweh"..., JE TE PLEURE DEPUIS CETTE DERNIERE NUIT PAR CETTE CHANSON QUI RESONNE EN NON-STOP DANS MON ORDINATEUR ICI A BONN...

La triste nouvelle est tombée vers 21 heures à Brazzaville. Nous l'avons une heure après à Bonn en Allemagne. Des coups de fil, des appels Whatsapp, des messages Facebook passés à la vitesse de fusée, et nous avons la confirmation à 22 heures: la consoeur est décédée. Qui? He, Nancy Marie-France Loutoumba. De quoi? D'une longue et pénible maladie...le cancer!

Des pleurs, des frissons! C'est l'expression normale de la douleur et du deuil chez nous. Tous ceux qui sont éprouvés d'un malheur chez nous pleurent! Devrions-nous déroger à la règle? Non les larmes coulent!

Nancy? Une journaliste! Pas plus, pas moins. Juste une journaliste. Toute jeune, elle déparque aux Dépêches de Brazzaville, et s'accroche. Sa force? C'est poser des questions, la curiosité. "Comment cela se fait-il, apprends-mois, envoie-moi les élements, aide-moi à trouver un angle. Je ne veux pas faire comme les autres, je veux que ça sorte de l'ordinaire. Et je sais que toi mon grand tu sais le faire", me taquinait-elle dans des rares fois au cours d'un reportage.

Nancy? C'est la jeune stagiaire qui est arrivée toute souriante aux Dépêches de Brazzaville et qui a gravi une à une les échelles dans ce quotidien. Puis un jour, chef de service Economie. C'est à la sueur de son front. Elle a bossé comme une diablesse. Tous les jours elle puisait dans ses contacts, sans relâche. "Grand frère, je compte sur toi. Chaque foi que tu as une idée de sujet en éco, ne m'oublie pas", répétait la jeune dame qui laisse un enfant.

Lorsque les premiers chocs de maladie la secouent en 2012, Nancy arrête son travail pour se consacrer à sa santé. Mais très vite, elle revient à son bureau des Dépêches. Courageuse et active, en septembre 2012 on se retrouve à Kombe au sud de Brazzaville, lorsque le vice-Premier ministre chinois vient inaugurer le Centre de démonstration des techniques agricoles. "Aides-moi à faire les meilleures photos, Je ne pourrais pas me placer au milieu, tout le monde me regarde", sollicitait-elle d'une voix fine mêlée de sourire. Oui, elle était convalescente et avait perdu beaucoup de poids. Pas seulement. Toute sa beauté aussi...

Quelle énergie! Elle a fait face à de folles spéculations. Elle est ceci, elle est cela. Heureusement, avec son Dieu, elle a géré son carnet de soins dans l'espoir de reprendre ses activités professionnelles sans faillir. Mais la situation s'est encore compliquée et elle doit à nouveau arrêter. Nancy voyage alors beaucoup, aidée par son père, papa Dan Dominique Lutumba Masengola, pour trouver des réponses à ses ennuis de santé. Elle est arrivée jusqu'en Inde pour se débarasser de cette gangrène et reprendre son activité.

Puis, la jeune collègue a repris. Nous nous embarquâmes en juin 2015 avec Total E&P Congo à Pointe-Noire pour une semaine de journées portes ouvertes. "Tu me diras quel repas tu choisiras chaque jour pour que j'en fasse une collection, parce que nous ne sommes obligés de prendre la même chose", me disait-elle, moulue dans une combisain orange de la société pétrolière. Nous allâmes jusqu'au Terminal de Djeno, visitâmes les installations pétrolières. Et lorsqu'elle constata que je ne prenais pas notes, elle réagit "Je sais que tu cherches quelque chose de croustillant. Mais je suis derrière toi, dès que tu as le déclic, partage-moi".

Nancy? Une journaliste très cultivée en matière économique. On était tous les deux tombés d'accord que pas de papier éco sans chiffres. Si elle n'en avait pas, elle passait un texto pour l'avoir. son carnet d'adresses était ainsi impressionnant. Je puis vous assurer que c'était l'une d'entre nous qui savait tenir sa liste de contacts.

La toute dernière fois, c'était en septembre 2015 à l'invitation de MTN Congo, le nouveau directeur général présentait ses civilités au ministre des Télécom de l'époque, Hellot Mantson Mampouya. Après ce petit reportage, elle me suivit dès que je lui avais dit que j'allais voir le DG du port autonome de Brazzaville. L'opération "Mbata ya Bakolo" n'avait pas fini de faire ses effets. Nous nous engoufrâmes donc dans le bureau de Jean-Pïerre Ndoussa. Deux jours après, elle me criait au téléphone : "grand frère, dis-moi quand tu veux que je publie l'interview dans les Dépêches, car je sais que tu as l'exclusivité. Sinon, je ne verrais plus de bonnes choses avec toi".

En 2009-2010, sur ma petite moto bleue Yamaha Super 100, on se baladait dans la ville. Je t'accompagnais chez toi à la Glaciaire. Ta collègue aux Dépêches, Hermione Désirée Goma Pouchkine Taliane, avec une bonne dose de jalousie, tenait elle aussi à cette balade dans la ville sur la moto. On en riait tous les trois, c'était l'ambiance. Aujourd'hui, nous sommes très tristes. Hermione à Paris, moi à Bonn, toi seule dans le froid à Brazzaville...

Nancy, maintenant que tu pars, maintenant que tu as choisi de partir alors que nous sommes hors du pays, je te souhaite bonne route et bonne chance. Le monde est plein d'amis, mais nombreux sont des traites...des hypocrites. Dans cette période de dure épreuve de deuil, ne tourne pas totalement le dos à ceux que tu laisses.

Et passes un grand bonjour à tes anciens, journalistes partis aussi précipitemment, comme Miantourila Kouba, Laurent Bissé, Jean Gilbert Foutou, Edmond Philippe Ghali, Albert Oboua, Lucienne Tsoumou, Fabien Bitoumbou, Joseph Gouala, Constance Esther Ebon, Georges Embana, Joseph Kitsabouka, Touadikissa Massanga, Yves Emmanuel Mpoukouo, Ekiaye Akoli Wamene, Olivier Otou,Mbela Moke, Maxime Dienaho Diahoumba, Simplice Ongouya ou bien récemment Dieudonné Sylver Sandi Ibombo.

Par ce poème de Papa Wemba et de Stervos Niarkos le Ngatié, " Mondela asala biloko ya kokamwisa,  alongi te kolamwuisa moto awe...Liwa elakisa bokasi bwa Nkolo. Toyaka kotuta mokili ya ngo, lokola pe ekotikala", Nancy Loutoumba "lelo ba mboka ya Yaweh"..., JE TE PLEURE DEPUIS CETTE TERRIBLE NUIT PAR CETTE CHANSON QUI RESONNE EN NON-STOP DANS MON ORDINATEUR.

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