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Entre produire l’acte de naissance du patriarche Noé et l’acte de cession des actions de Warid Congo, que choisis-tu Airtel ? aurait pu demander un observateur juridique. La société Airtel Congo ne dispose plus que de 15 jours pour remettre au directeur général des impôts l’Acte de cession des actions de Warid Congo, une société de téléphonie mobile rachetée par Airtel.

Deux semaines à la société de téléphonie mobile pour remuer ciel et terre, pour voir Dieu et Satan, pour corrompre ou acheter, pour passer des coups de fil, afin de trouver une solution. Le directeur général de Motorola Congo SA, Daniel Patrick Henri Mbere, les yeux rivés sur son chronomètre, attend quant à lui calmement.

Tic tac !Tic tac ! Le temps passe très vite pour l’un des géants de la téléphonie mobile au Congo. Airtel n’est pas aux abois. Mais elle l’est presque. L’affaire Mbere est finalement en train de refermer un énorme étau sur cette société qui pèse quelque 83 milliards de francs CFA, tel que déclaré. Des chiffres qui devraient plutôt rassurer pour effacer la petite ardoise de M. Mbere qui lui parait aujourd’hui comme une arête dans la gorge, les quelque 5,4 milliards de francs CFA.

Dès que le directeur général des impôts, Antoine Gakosso avait su qu’une niche d’argent vieillissait chez Airtel, il a vite envoyé une lettre demandant la production de l’Acte de cession des actions de Warid Congo. Un acte que personne n’a plus jamais plus revu. Et pourtant le document cache de grands secrets financiers.  De lourdes dettes et des taxes fiscales non payées ! Tout est dedans, et la société a bien intérêt que cela ne se sache pas. Airtel Congo est aujourd’hui prête à produire même l’acte de naissance du patriarche Noé, personnage mythique de la Bible, mais pas vraiment celui du rachat de Warid Congo.

Les impôts ont donc donné  jusqu’au 10 novembre à la société de téléphonie mobile de vomir ou de chier (elle jugera de la voie la plus rapide) le fameux acte. Sinon, l’administration fiscale, conformément à la loi, flanquera n’importe quel montant à Airtel. Pour le moment, il semble que la dette fiscale de Airtel soit de l’ordre de 667 millions de francs CFA. Rien n’a avoir avec les 83 milliards de capital de l’entreprise, sauf à démontrer autrement.

Même si après cession, les quelques miettes de milliards de francs CFA qui restaient dans le compte de la filiale du groupe Abu Dhabi avaient disparu. Les mauvaises langues qui ne vérifient jamais rien affirmaient avec force que Airtel Congo avait investi cet argent dans ses activités de développement. Ce que de toute façon la société n’a jamais nié.

Entre temps, la justice attend également le même document. Les avocats de l’Etat et ceux des intérêts de Airtel ont pour le moment fait cause commune, feignant totalement d’ignorer de cet acte de cession. Mais, les magistrats se sont engagés, parfois au risque de leur carrière, ont courageusement décidé de ne rien lâcher à ce sujet. Acte de cession des actions de Warid Congo du 4 novembre 2013, ou rien.

La société a initié quelques actions pour se débarrasser de l’affaire Mbere. Telle une charge sur le dos du bossu, l’affaire reste. Collée, serrée et cimentée. Une haute personnalité a même été contactée début octobre pour voir comment effacer le problème. Elle n’a pas osé aborder la question avec la fondation de la société. Trop chaude pour se brûler les cheveux. Voire même les mocassins. D’autres, avant elle, se sont brûlées les moustaches et s’en sont difficilement échappées.

En début de cette semaine, une visite surprise chez le DG des impôts. Essayer d’expliquer pour se faire comprendre. Espoir perdu, Antoine Gakosso attend les bras ouverts le fameux acte de cession. Le seul langage qui passe chez des gens honnêtes. L’argent viendra après.

Dans la boîte, les employés sont chauffés à blanc. Les messages électroniques circulent d’adresse en adresse, menaçant touts ceux qui organisent la fuite des informations vers la presse et les ennemis qui sont dehors. Une stratégie qui surprend le personnel, complètement ignorant de la pourrissante affaire Mbere, et surtout de la lourde ardoise noire aux impôts.

Les jours passent et vite. Les parrains s’affaissent et l’affaire est toujours debout. Les attaques viennent de partout, la justice, les médias, les impôts et le camp Mbere.

Sommées de ne verser aucun sou à celui qui a publiquement et contradictoirement gagné le procès, les banques ne savent plus quoi faire. Elles bricolent parfois des réponses pour gagner du temps simplement. Mais elles savent que juridiquement, seul un juge peut bloquer ou autoriser le paiement des sommes d’argent saisies. Quand la décision vient d’ailleurs que le cadre tracé par les dispositions de l’OHADA, les experts ne doivent déposer les armes. Leur travail est fini.

Rien n’est certainement perdu pour ce géant de la téléphonie mobile au Congo. Il suffit de faire face aux responsabilités et le reste coulera tout doux…

Tag(s) : #BrazzaPLUS, #Airtel Congo, #Daniel Mbere, #Antoine Gakosso
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