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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Ali Bongo passe, des Gabonais boudent dans la rue!

Publié par Arsène SEVERIN sur 31 Août 2016, 20:12pm

Catégories : #Gabon 2016, #Ali Bongo réélu, #Jean Ping, #Election présidentielle au Gabon, #Congo-Brazzaville, #BrazzaPLUS, #Elections

@ça chauffe dans les rue du Gabon
@ça chauffe dans les rue du Gabon

A peine les résultats de l’élection présidentielle annoncés, les partisans de l’opposant Jean Ping, se sont-ils lancés dans la rue pour affronter les forces de l’ordre qui les empêchent de manifester. La police n’a pas hésité de charger sur la jeunesse affolée qui réclame à tue-tête la victoire de Jean Ping en lieu et place d’Ali Bongo, le candidat gagnant ! Avec ses 48% des suffrages, Ping reviendra donc dans sept ans, pour passer la prochaine présidentielle, le temps de laisser le président réélu continuer son œuvre de l’émergence du Gabon.

Tout est parti à l’Africaine. Surtout en Afrique centrale où les élections ça déchire, ça laisse les traces, flétrissures et les cicatrices ne disparaissent pas avant des décennies. Malgré un 49% contre 48%, les partisans de Jean Ping sont sortis dans la rue, criant aux fraudes massives et au vol de leur victoire.

Caillassage des policiers, huées et danses gabonaises sur le macadam. De leur côté, les policiers dispersent et larguent les gaz larmoyants dans les groupuscules de manifestants qui fuient comme des oiseaux.

Le président Bongo va continuer à diriger le Gabon pour le prochain septennat. Sa réélection a été validée par la CENAP ce 31 août. A l’annonce de ces résultats qui tenaient en haleine tout le peuple gabonais, les partisans d’Ali Bongo sont sortis dans les rues pour jubiler leur victoire. Un podium monté depuis quelques heures à Libreville permettra au président élu de venir saluer ses partisans.

Le candidat de l’opposition Jean Ping l’a perdu d’un doigt. Il a totalisé 48,16% des suffrages, selon les chiffres de la commission électorale. Jean Ping s’était pourtant proclamé vainqueur au lendemain de cette consultation électorale, appelant même le président Bongo à reconnaître sa défaite. Sa déception devrait être grande, envisagent des observateurs de la scène politique gabonaise.

Le truc est venu des résultats de la province de Haut-Ogooué dont est originaire Ali Bongo. Les opposants estiment que c’est là où les émergents ont mis le paquet. C’était leur dernière cartouche, du 00 voire même de la chevrotine, donc du 9. Bien calculé, les dégâts sont indescriptibles dans le camp des Ping. La Pingsalisation souhaitée n’a donc pas eu lieu. Selon la CENAP qui publié ces résultats, le Haut-Ogooué est la seule province du Gabon où les gens ont voté à 99% et là dedans, Bongo à 95%. Or, pour le reste du Gabon, les votes n’ont pas dépassé les 60%. Il a aussi fallu à la CENAP attendre trois jours pour voir enfin arriver les résultats de la fameuse province.

Pour l’opposition, les « Gabonais n’accepteront pas ces résultats », estimant que son candidat avait totalisé 59% des voix, contre seulement 38% pour Ali Bongo Ondimba. « Nous n’avons jamais eu confiance », a fustigé le porte-parole de Jean Ping, Gaspard Ntoutoume-Ayi, appelant les populations de défendre la victoire « par tous les moyens ».

La vérité dans ces résultats, c'est qu'ils n'ont concerné que Ali et Jean. Les autres candidats n'ont même pas eu une seule voix. Cela sent mauvais, du cramoisi, à la limite. Bon, la CENAP s'est sauvée sans se brûler les poils depuis cette affaire de traficotage entre Jean Ping et le conseil spécial de Allassane Ouattara.

Avant la publication de ces résultats, les autorités avaient déployé les blindés légers de la police dans la capitale pour dissuader tout trouble. Des barrages ont même été placés dans le quartier de la présidence de la République. Les Librevillois ont fait des prévisions ces derniers jours, pour faire face à une éventuelle pénurie de vivres, de carburant ou de crédits téléphoniques, au cas où les partisans de deux principaux candidats venaient à allumer le feu dans la capitale où à Franceville. Ici, les mauvais souvenirs des violences électorales de 2009 n’ont pas totalement disparu de la mémoire des populations.

Elu en 2009 après la mort de son père qui a régné sur le Gabon pendant une quarantaine d’années, Ali Bongo Ondimba a engagé de réformes économiques pour rendre le Gabon plus compétitif. La chute du prix de baril du pétrole a réduit les ambitieux sociales du président Bongo qui n’a pas réussi, par exemple, à conduire sa politique de 35.000 logements sociaux, car seulement 1.500 maisons ont été construites en sept ans.

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