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@Me Ibouanga à la fin de l'audience inaugurale
@Me Ibouanga à la fin de l'audience inaugurale

Le président de l'Union pour le Congo (UPC), Paulin Makaya a vu sa demande de mise en liberté provisoire rejeter par le juge, lors de l'ouverture de son procès lundi 13 juin à Brazzaville. Le leader politique restera donc en prison pour la suite de son procès dont la prochaine audience est prévue pour le 27 juin.

L'homme est apparu jovial devant le juge correctionnel du Tribunal de grande instance de Brazzaville. L'instruction à la barre par le président de la première chambre correctionnelle, Valorien Embenga, a été pour ce prévenu un moment de relaxation. "Laissez, monsieur le président, parler un peu. J'ai été pendant longtemps privé de parole", a-t-il déclaré, visiblement soulagé.

Dès l'ouverture du procès, Paulin Makaya qui est détenu depuis sept mois à la maison d'arrêt de Brazzaville, a déclaré qu'il était "innocent", et se présentait devant le tribunal "pour dire sa part de vérité".

De bleu clair vêtu, l'air serein, le président de l'UPC, une petite formation de l'opposition congolaise, n'a pas voulu mettre le gilet vert-olive dont la maison d'arrêt habille de Brazzaville ses pensionnés. Il n'est pas non plus apparu menotté, même si le gendarme près de lui faisait cliquétiquer ces bijoux de mauvaise renommée. Et pendant l'instruction à la barre, Paulin Makaya répondait au juge dans une attitude de pédagogue arrogant, faisant perpétuellement recours à la Constitution du 20 janvier 2002, pourtant abrogée. Le président du tribunal, le qualifiant même de "sociologue résistant", devrait chaque fois le ramener à l'ordre. "Votre vie est entrain de se jouer à cet instant monsieur Makaya", s'empressait de rappeler Valorien Embanga, tel un muezzin.

Pendant l'instruction, Paulin Makaya a défendu bec et angle qu'il avait pris part à une marche "pacifique", agissant ainsi "conformément à la constitution". Il dit "ne pas regretter" avoir suivi l'appel de l'opposition, malgré l'interdiction de cette marche par l'autorité préfectorale.

Le parquet qui le poursuit pour "troubles à l'ordre public", a argué que la notification de l'interdiction de cette manifestation avait bel et bien été faite aux responsables de l'opposition dont il réclame faire partie, le 15 octobre 2015. "Mais, le même préfet nous avait autorisé de marcher entre le 10 et le 23 octobre", période de campagne électorale, rétorque le jeune dirigeant qui ne laisse paraître signe s'usure en prison. Son sourire et son ton amusant le témoignaient encore lundi au tribunal.

"En plus, ce que je ne comprends pas, c'est que le même jour, ce 20 octobre, le collectif Pona Ekolo a marché de Moungali jusqu'à la Grande Poste. Eux n'ont pas été inquiétés, eux n'ont pas été interdits, parce que ce sont les partisans du préfet. Et puis, le coordonnateur de Pona Ekolo, Elvis Okombi Tsalissan a été nommé ministre délégué, parce qu'il avait bien marché ce jour-là", a lancé le prévenu, faisant quasiment rire toute la salle de l'audience.

Constitués pour ses intérêts, les avocats Hervé Ambroise Malonga et Eric Yvon Ibouanga ont promis de "démonter" pièce par pièce l'infraction collée à leur client. L'amertume dans l'âme pour n'avoir pas obtenu la liberté provisoire de son client, Me Ibouanga a indiqué relancer la procédure à la prochaine audience fixée pour le 27 juin. "Nous irons dans le dossier et nous aurons des choses à dire. Notre client n'a rien fait", a dit Me Ibouanga.

A la prochaine audience, le procureur de la République prendra ses réquisitions avant que les avocats de la défense et ceux de la partie menés par la bâtonnier Oko ne plaident.

Poursuivi pour avoir participé à la marche l'opposition contre le référendum du 25 octobre, Paulin Makaya a été arrêté par le procureur de la République alors qu'il venait déposer plainte pour tentative d'assassinat au parquet de Brazzaville. Depuis, il fait l'objet d'une procédure judiciaire dont deux chefs d'accusation, "Complicité d'incendie (commissariats de police)" et "Détention illégale d'arme et munitions de guerre", ont été délaissés pour manque de preuves.

Tag(s) : #Paulin Makaya, #Me Eric Ibouanga, #Me Hervé Malonga, #Tribunal de Brazzaville, #UPC, #Congo-Brazzaville, #BrazzaPLUS, #Droits Humains, #Politique
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