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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Qui a menti que les Africains veulent quitter la CPI?

Publié par Arsène SEVERIN sur 3 Février 2016, 16:08pm

Catégories : #Fatou Bensouda, #CPI Afrique, #Laurent Gbagbo CPI, #Cour pénale internationale, #Politique, #BrazzaPLUS

@La procureur Fatou Bensouda
@La procureur Fatou Bensouda

Martyrisées, humiliées, violentées et sans réparations par la suite, les populations africaines n'ont jamais souhaité quitter un seul instant la Cour pénale internationale (CPI). Les gouvernants, conscients de tout le mal qu'ils font au peuple, sûrs d'une justice délabrée dans leur pays, tiennent à ce que l'Afrique quitte la CPI, pour se mettre à l'abri de toutes poursuites après une gestion chaotique et sanglante du pouvoir.

Le débat est généralisé! Au sud, l'Afrique veut quitter, tu vas au nord, l'Afrique veut être défénestrée d'elle-même, tu reviens à l'est, toujours l'Afrique qui a peur de la CPI, et à l'ouest, même discours! Les chefs d'Etats africains, en mal de posture pour avoir commis de graves fautes dans l'exercice de leur mandat, veulent que le continent noir quitte la CPI. Ils savent que là-bas à La Haye, ils finiront, là-bas ils moisiront. Ce qui n'est pas le cas dans leur pays où la justice n'existe que pour les faibles.

En Afrique, la justice sévit à tous les niveaux de basse échelle : cambrioleurs de cacaouettes, voleurs de morceaux de savon, braqueurs des écoles,... sont arrêtés, torturés et jetés sans jugement dans les maisons d'arrêt où croupissent bien souvent aussi des innocents, de simples prévenus. Tous ces indigents connaissent le caractère dur et sévère des magistrats corrompus du continent qui transforment le mensonge en vérité, qui truquent les procès face au pouvoir de l'argent.

Quelles sont les victimes des crises africaines, battues, violées, massacrées ou qui ont vu leurs biens saccagés par les fonctionnaires de l'Etat ou les rebelles soutenir aujourd'hui l'idée d'un quelconque retrait de l'Afrique de la CPI? Elles ont dit ça où? Partout, les victimes de l'intolérence et des violences diverses et multiples pleurent, et ces chefs d'Etats africains qui tiennent à fuir la CPI n'ont pas su faire la réconcliation et surtout aider ces victime à revivre, à reprendre confiance avec elles-mêmes et avec la société. Au contraire, elles sont chatiées par un négationisme insolent et inédit. On a crié haut et fort qu'il n'y avait jamais eu de femmes violées à Bangui pour que Jean Pierre Bemba aille à La Haye. Mais ces victimes centrafricaines, existent-elles OUI ou NON? Sont-elles de simples objets jouissance ou d'essai des armes à feu modernes, et ne méritent aucune réparation?

Lorsqu'il a s'agi de juger les Thomas Lubanga ou les Mathieu Ngondjolo de la RDC, aucun chef d'Etat noir ne s'est agité. Mais depuis que Laurent Gbagbo y a été transféré et que le président kenyan Uhuru Kenyatta et son vice président William Ruto sont dans le viseur du monstre juridique où ils vont de temps en temps répondre aux convocations du juge, les plaintes, les menaces et mêmes les injures ont commencé. Bien sûr, une telle cour ne peut que servir les intérêts des plus faibles et des opprimés, c'est pourquoi les grands Africains ont des démangeaisons et des insomnies ces jours-ci qui ont vu naître le procès de Laurent Gbagbo. C'est comme si Dieu lui-même était descendu des cieux pour juger souverainement les bons et les mauvais.

En Côte d'Ivoire, il y a bien eu des victimes de la guerre de Gbagbo et Ouattara au sujet de la conquête du pouvoir. Et le peuple dans tout ça? Donc ceux qui sont morts n'étaient que des cabris? Les vraies personnes que Dieu a fabriquées, ne sont donc que ces autorités qui ne veulent pas entrer dans un palais de justice pou être jugées?

Une Cour africaine des droits de l'Homme et de peuple est en souffrance de création depuis une vingtaine d'années. Quelque 6 des 52 Etats africains ont accepté voir cette cour prendre corps et juger les hauts dignitaires africains. Les pêcheurs qui ont l'argent et le sang collés sur la main torpillent ce projet. Et si alors la CPI était la solution pour ceux qui ont soif de justice? Allons-nous faire rejouer le "Soif de justice" de Jacky Chan en se cognant les coups pour nous régler les comptes nous-mêmes, nous les civilsés?

Pourquoi agiter le mauvais côté de la cour pénale internationale en disant qu'elle ne s'occupe que de l'Afrique? Le Tchad n'a pas été capable de juger sereinement Hussein Habré, semble-t-il le plus grand tortionnaire que ce pays ait connu. Les cours martiales installées dans certains pays africains sont ni plus ni moins que le tribunal de Nuremburg, la justice des plus forts composée de tortionnaires d'aujourd'hui contre les tortionnaires d'hier. Et le peuple dans tout ça?

Avant de se chauffer et de chauffer le peuple contre la CPI, les chefs d'Etats africains doivent donner la preuve d'une bonne administration de la justice dans leur propre pays. La plupart de ceux qui gueulent aujourd'hui n'ont de justice dans leur pays que de nom. Nuit et jour, ils interfèrent même dans de petites affaires de droit commun, de vol, de prostitution ou de commerce illégal. Dans certains cas, les autorités africaines tuent leur propre Etat en favorisant des étrangers qui pratiquent des trafics illégaux de ressources nationales. Un coup de fil du chef suffit pour que le faussaire soit dans la rue et nargue le fonctionnaire, sérieux et convaincu de son métier, lui qui voulait élever la justice. Et si alors on tranfert le gars à la CPI?

La principale motivation des dirigeants africains dans ces agissements reste l'impunité dont ils ont toujours joui dans leur pays. Au Burundi, les civils sont tués et massacrés, parce que opposés à un troisième mandant du chef de l'Etat. En réponse, l'Union africaine propose des baratins, incapable même de manacer de poursuivre les auteurs des actes de violences sur les populations. Et si la CPI s'en saisissait.

Le paradoxe en Afrique c'est qu'on soutient tout. Les victimes n'aiment pas la justice, elles ne dénoncent pas. Les bourreaux n'aiment logiquement pas la justice et se nourrisent de la peur des victimes. Et quand la CPI vient mettre son nez dedans, les chefs d'Etats africains entrent automatiquement en transe!

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