Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

BrazzaPLUS

BrazzaPLUS

Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Mossaka, la ville centenaire sauvée des eaux!

Publié par Arsène SEVERIN sur 17 Février 2016, 15:57pm

Catégories : #Honoré na Mossaka, #Mossaka, #Gilbert Bongouande maire de Mossaka, #Congo-Brazzaville, #BrazzaPLUS, #Population- Environnement

@M. Bongouande, maire de Mossaka à gauche
@M. Bongouande, maire de Mossaka à gauche

Un programme de dragage du fleuve Congo réalisé entre 2007 et 2012 à Mossaka a permis de tirer la ville des eaux, et de mettre un terme à sa tradition d’interminables inondations.

Le gouvernement a sur cinq ans déboursé 24 milliards de francs CFA pour sauver Mossaka des eaux. La ville a en effet gardé pendant des années la réputation d’« île flottante ». Sur les 110 hectares habités, 75 étaient inondées chaque année, notamment entre octobre et janvier. A cause d’une pluviométrie abondante, les eaux pouvaient monter jusqu’à 6,5 mètres, engloutissant cases et bâtiments publics. Une digue de plus de 7 mètres de haut construite au tour de la ville par l’Etat permet désormais aux 30.000 habitants de Mossaka de vivre plus paisiblement.

Ancien campement de pêche fondé au 19e siècle par le couple Longangue et Eyengo, Mossaka est devenu depuis 2012 une communauté urbaine comptant huit quartiers : La Poste, Congo Ya Sika, Makanza, Mobaka, Motendi, Libele, Liberia et Biangala. « Les inondations ne sont plus qu’un souvenir. Maintenant nous comptons construire une nouvelle ville », estime Gilbert Ambroise Bongouandé, le maire de la localité. Mossaka, district de la Cuvette, est peuplé des Moye, des Bomi Taba, des Likouala, les Bouenis et une bonne communauté rwandaise.

"La nouvelle ville" devra bientôt sortir des sables du côté sud de Mossaka où certains chantiers ont déjà démarré. D’ailleurs un complexe sportif s’y construit. Les autorités nourrissent d’autres ambitions, tel que "faire de Mossaka une Venise du Congo", rêve le maire. "La ville piétonne dont nous parle le chef de l’Etat", abonde-t-il.

Sur l’ancienne ville, les habitants marchent sur du sable. L’opération de dragage a permis de jeter plus de 6 mètres de sable sur le continent. L’Etat a construit des bâtiments modernes, notamment la mairie, la sous-préfecture, les bureaux de la police et de la gendarmerie. De nouvelles habitudes comme la construction des latrines sont ainsi nées. A l’époque des inondations, les populations de Mossaka ne vivaient que de la pêche et défequaient directement dans le fleuve. Aujourd'hui, l'assainement est devenu l'affaire de tous. "Si on voit quelqu'un faire kaka dans les eaux, on le pourchasse", indique Anatole, la soixantaine, qui reconnait que "cette habitude est encore en nous, mais il faut la chasser en creusant des latrines".

Le manioc et la banane venaient des villes voisines comme Loukolelas, ainsi que de RDC. Une technique agricole, le "Mitsaba", pratiquée après le retrait des eaux, est connue dans la contrée, et permet aujourd’hui de se procurer des légumes et un peu de manioc.

Certains vieux bâtiments constituent le patrimoine de la ville. La maison des fonctionnaires coloniaux et le logement du médecins sont toujours débout, 100 ans après. Agés de plus de 75 ans, précisent deux notables de la ville, un fromager qui fait de l’ombrage à la paroisse Notre-Dame des Flots est "un des repères de l’histoire de la ville". Une maison de la Culture et un musée en construction accueilleront assurément ce qui reste encore de cette histoire.

Mossaka peut se vanter de sa richesse touristique, notamment la sortie des hippopotames sur le fleuve. Les touristes peuvent aussi admirer les deux couleurs: un noir-café du côté du Congo et un blanc-foncé du côté de la Sangha qui peignent distinctement le cours d’eau.

La ville est entièrement enclavée. La pirogue est le seul moyen de déplacement vers les autres localités. Aucune voie terrestre ni un aéroport de classe C. Capitale du poisson, Mossaka était le grand carrefour entre Brazzaville et le grand nord sur le fleuve, ou entre Oyo et le grand nord sur la terre ferme. Aujourd’hui, la cité a perdu ce rôle, le port de Mossaka étant tombé en ruines.

"Honoré na Mosska", un vieux titre des années 1970 chanté par Cercule Jazz de Franckyn Boukaka, fut aussi le nom d’un célèbre bar près du port. Aujourd’hui, des petits Nganda naissent le long des berges, rappelant aux voyageurs la grande épopée de « Ambaré Matima », autre nom de Mossaka.

Bonne nouvelle pour les habitants de Mossaka, tout comme pour les riverains du fleuve Congo. La Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) a accordé un financement de l’ordre de 4,5 milliards de francs CFA pour l’aménagement des voies navigables au Congo. Les fonds alloués par la BDEAC proviennent en fait de l’Agence française de développement (AFD). Avec ces fonds, le Groupe d’intérêt économique pour le service commun d’entretien des voies navigables (GIE-SCEVN) va travailler pour la suppression des castors sur la Sangha et l’acquisition des équipements sur les bases de Brazzaville et de Bangui. L’objectif étant de relancer entièrement la navigation sur le Congo.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents