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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Le retour de l'Iran sur le marché de pétrole peut briser l'économie congolaise, selon Tsengué-Tsengué

Publié par Arsène SEVERIN sur 15 Février 2016, 19:40pm

Catégories : #Pétrole, #Iran et Congo sur le pétrole, #Congo-Brazzaville, #BrazzaPLUS, #Tsengué-Tsengué

@L'Ingénieur Tsengué-Tsengué
@L'Ingénieur Tsengué-Tsengué

L'Iran et l'Arabie Saoudite, en guerre de production depuis un moment, sont les deux pays aux réserves pétrolières les plus grandes du monde. Les gros contrats conclus en marge des récentes visites du président iranien, Hassan Rohani, en Europe, notamment en France, en janvier 2016, parmi lesquels celui avec l’entreprise pétrolière française Total, arrangent certainement les affaires des pays occidentaux, mais auront sans conteste un impact désastreux sur les économies des pays pétroliers africains au sud du Sahara dont le Congo. Ces pays subissaient déjà dramatiquement avant ce retour de l’Iran l’effondrement du marché pétrolier en raison, pour la plupart, de leur forte dépendance à cette seule ressource.

La croissance économique du Congo Brazzaville qui caracolait à 6% voire 7% les années fastes est tombée en une année à moins de la moitié, 3% en 2015. C'est la conséquence de la baisse des prix du pétrole, malgré une augmentation de la production congolaise avec l’entrée en production de nouveaux gisements. Les perspectives d’avenir étaient déjà bien moroses sans la nouvelle donne de la rentrée en scène de l’Iran : toutes les prévisions indiquaient que la dépression du marché pétrolier s’installerait pour longtemps dans le monde. Au Congo, mais pas seulement, la confiance en l’avenir est tellement ébranlée que les nouvelles explorations et investissements pour le futur sont hypothéqués.

Au prix actuel du baril, l’exploitation pétrolière congolaise est-elle rentable ? Le demeurera-t-elle encore les années à venir avec, non seulement la tendance baissière actuelle du prix du marché due à la surabondance du produit accentuée par l’arrivée sur le marché du pétrole iranien, mais aussi et surtout la guerre des prix que se livrent les deux principaux pays producteurs musulmans du moyen-orient sur fond de rivalité islamique chiite-sunnite ? les grands majors pétroliers Total, ENI, etc.. ne vont-ils pas délaissé le Congo au profit de l’Iran et des autres pays au pétrole de plus de valeur ?

La rentrée en scène de l’Iran, à la faveur de la levée des sanctions internationales qui frappaient la République islamique, manifestement sonne le glas des espoirs économiques et financières du gouvernement congolais et est un facteur aggravant de la crise économique dans laquelle le Congo Brazzaville vient d’être plongé. Et de la crise économique à la crise politique, il n y a qu’un pas. Une crise qui va durer non seulement parce que la morosité du marché pétrolier sera longue, mais aussi et surtout malgré la ferme volonté affichée actuellement par l’Etat congolais de diversifier son économie. Car, les effets des mesures les plus efficaces de diversification de l’économie que l’Etat pourrait lancer aujourd’hui ne commenceront à produire leurs effets de renversement de tendance que dans 8 à 10 ans. Si tant est que le gouvernement décide sérieusement de passer de la rhétorique et des slogans des périodes fastes à l’action.

Face à l’adversité croissante de l’environnement économique mondial, mais pas seulement, le gouvernement de la république devra se montrer plus innovant, plus audacieux et sortir des sentiers battus. Dans un contexte où l’attractivité du pays baissera à cause, entre autres, de la forte diminution des marges de manœuvre financières de l’Etat, il sera non seulement nécessaire de trouver des solutions innovantes pour maintenir et pourquoi pas accroitre les Investissements Directs Etrangers (IDE), mais aussi et surtout particulièrement vital d’innover en matière de création entrepreneuriale par les congolais, notamment les jeunes, étudiants et autres. Le gouvernement devra imaginer des dispositifs innovants pour susciter l’émergence des idées et porteurs de projets locaux, appuyer et accompagner ces porteurs de projets. En bref, l’innovation gouvernementale pour plus de création et plus d’innovation des congolais.

Sans faire l’oiseau de mauvaise augure, force est de constater que les années à venir seront dures, très dures, non seulement pour le peuple congolais, mais aussi et surtout pour ceux qui seront appeler à gouverner le pays, désormais entré dans une nouvelle république ; les longues périodes d’opulence les ayant d’une part, transformé en rentier de l’or noir, développant et exprimant plus la culture revisitée et modernisée de cueillette et d’autre part laminé celle de l’effort et de l’innovation qui sont les véritables moteurs de création de richesse et de croissance solides et durables.

Ainsi quels que soient ceux qui seront aux affaires dans la prochaine décennie, ils feront face à des défis autrement plus grands que ceux des décennies précédentes. Et le plus important et le plus urgent de ces défis sera sans nul doute de changer leur propre mentalité, leur logiciel mental avant de s’attaquer à celui de l’ensemble du peuple congolais.

Tsengué-Tsengué

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