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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Ndayi et la fabrication moderne de Lounguila à Bouansa

Publié par Arsène SEVERIN sur 14 Décembre 2015, 09:23am

Catégories : #Economie, #Bouansa, #Monastère Sainte-Marie de la Bouenza, #Général Ndayi, #Congo-Brazzaville, #BrazzaPLUS

Ndayi et la fabrication moderne de Lounguila à Bouansa

Christophe Ndayi, connu sous le petit nom de "Général Ndayi" a révolutionné la façon de fabriquer la boisson locale, Lounguila, le jus de canne à sucre, fermenté. Depuis des siècles, le Lounguila était obtenu par un pressoir à bois, aujourd’hui Ndayi a mis au point un pressoir électrique d’une capacité de 1000 litres jour.

C’est sur les terres de ses anciens à Ngamba, domaine voisin du monastère Sainte Marie de la Bouenza à Bouansa que ce jeune chauffeur a installé sa petite brasserie. Une machine spéciale venue de Chine est au pied de cette révolution. "J’ai rêvé de cette petite industrie depuis des années. Il me fallait commencer par une grande plantation de canne à sucre avant de me lancer dans cette aventure", explique-t-il, devant le pressoir.

La cannaneraie se trouve à environ 5 Km de là. Elle s’étend sur 8 hectares. "J’ai employé des femmes pour le sarclage. Il m’a fallu planter le gombo pour payer le prix, 750.000 francs CFA. La petite banque agricole implantée à Bouansa n’a pas pu m’accompagner", regrette le jeune patron qui croit désormais en l’avenir de son activité. "A la phase de croisière, je vais conquérir tout le marché national de Lounguila, une boisson très prisée pas seulement ici à Bouansa ou dans la Bouenza mais aussi à Pointe-Noire et Brazzaville, il y a des milliers de cuveurs", affirme-t-il, sans sourciller.

L'unité de production fonctionne encore comme une coopérative. Elle est à ses débuts et n'est pas loin de groupements agricoles de la contrée, le "Dibundu" Chaque jour, au matin, des tâcherons coupent la canne à sacre dans les champs, la transportent ensuite jusqu’à la brasserie. La tige sucrée est à moitié épluchée et stockée devant la machine. Deux opérateurs prennent le relais de la vingtaine de tâcherons qui constituent la coopérative, et commencent la presse. Le travail est rapide, mais surtout très peu fastidieux comme dans les pressoirs à bois où il faut de la force. Avec une capacité installée de 1000 litres par jour, la brasserie donne plutôt bien, entre 500 et 600 litres. "Nous sommes entrain de nous installer et de prendre de l’allure. Nous atteindrons bientôt la vitesse de croisière", assure Ndayi qui aime bien se définir comme un "Général au service de la population et de l’agriculture".

L’agriculture l’a en effet séduit alors qu’il roulait sa bosse dans les voitures climatisées. Un Hilux à la SEAS dans le projet de route Bouansa-Mouyondzi, puis un autre Hilux du directeur de SOGECO qui construisait la ligne Très haute tension Loudima-Mindouli. Métier dont il hérite de son père, le vieux Ndayi, chauffeur charismatique chez les moines de Sainte Marie de la Bouenza. Ainsi entre son temps de chauffeur à la SEAS et à SOGECO, Christophe crée déjà un premier champ d’acacias à Bouansa, environ 3 hectares. Un simple essai, s'empresse-t-il de préciser, annonçant que l'objectif est d'en planter 25 hectares. Pionnier du développement durable et de l’économie verte à Bouansa, notre Général de l’agriculture ne le sait peut-être pas encore. Des dividendes d’un tel engagement sont forcement en route pour faire de lui un homme heureux. Le cas de ces frères qui ont récolté les dollars sur le plateau Bateke à Kinshasa en RDC.

Mordu de la terre, Christophe Ndayi ne s’arrête pas là. Entre les acacias et la canne à sucre, l’homme plante aussi les ananas, 14.000 fruits sont récoltés en 2014 sur les 8 hectares plantés, avant de subir le choc cette année, le feu de brousse ayant ravagé la plantation. "Nous déplorons plus de 15.000 fruits cette saison", affirme-t-il avec amertume.

On observe aussi sur ces étendues des arbres fruitiers. Un domaine visible sur la nationale n°1, entre le village Mantsoumba et chez lui à Ngamba. « Le bonheur est dans la terre », souligne-t-il avec conviction.

Des ambitions qui sont toutefois handicapées par l’absence des moyens financiers et logistiques. Un tracteur, un simple petit tracteur lui manque pour transporter sa canne à sucre de la plantation à la brasserie. « Non pas seulement je gagnerais en temps, mais je labourerais aussi d’autres étendues de terres pour planter ma canne à sucre dès que j’ai ce tracteur », explique Ndayi, impatient de connaitre le nom de son tout premier donateur. « Un petit tracteur me sauvera, moi et tous ceux qui se sont alliés à moi dans cette aventure », lance-t-il en direction de tous ceux qui peuvent donner réponse positive à la coopérative.

D’ailleurs, à plusieurs fois, au cours de notre échange, il insiste pour que son numéro téléphonique paraisse dans cet article. He bien le voici : +242 040592561. Contactez-le et il vous dira.

@Deux Kamunateurs (opérateurs) en action

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