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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Je ne dépends pas du ministre de l'Intérieur pour obtenir un processus électoral crédible!

Publié par Arsène SEVERIN sur 27 Novembre 2015, 08:10am

Catégories : #Politique, #Dominique Basseyila, #Consensus de Sibiti, #FROCAD, #UDR Mwinda, #Congo-Brazzaville, #Denis Sassou N'Guesso, #BrazzaPLUS

@Dominique Basseyila.
@Dominique Basseyila.

Dominique Basseyila, juriste de 69 ans, a été choisi en septembre 2015 par le président Denis Sassou N’Guesso comme Commissaire Général, pour suivre les conclusions des concertations de politiques de Ewo 2011, de Dolisie 2013, et le dialogue national de Sibiti 2015. BrazzaPLUS l'a rencontré chez lui au Plateau de 15 ans, où il fait quelques aménagements pour vivre comme un vrai Commissaire général.

Insatisfaits de l’application des recommandations de ces rencontres politiques par le gouvernement, les participants au dialogue de Sibiti avaient souhaité la création d’un organe pour en faire le suivi.

Les attentes de la classe politique sont donc grandes. La réforme du système électoral, paume de discorde des acteurs politiques dans le pays, reste la priorité des priorités. Et des solutions doivent êtres trouvées avant la présidentielle de 2016. « Dominique Basseyila est un cadre compétent, nous espérons qu’il saura combler nos attentes. Le diagnostic a été fait à Sibiti, nous attendons que ça bouge pour l’intérêt de tous », affirme le président du Congrès des démocrates républicains Bonaventure Boundzika, qui a connu le nominé à l’UDR Mwinda, lorsqu’ils militaient auprès de feu André Milongo. Avant de prendre ses distances et créer son propre parti, l’Union pour la reconstruction du Congo, Dominique Basseyila a en effet été de 2002 à 2012, député UDR Mwinda à l’Assemblée nationale.

"Le Commissaire général doit s’imposer, et ne non être à la remorque du ministre de l’Intérieur qui est toujours hostile aux conclusions des concertations politiques, et donc ne les applique jamais", recommande quant à lui Aimé Serge Moukala, cadre de la Majorité présidentielle.

Dominique Basseyila sera-t-il à la hauteur de ses missions ? Nombreux à l’opposition ne lui donne aucune chance. "Nous n’attendons rien de lui. Il a été nommé à ce poste parce qu’il était favorable au changement de constitution", lance Paul Marie M’Pouele, membre du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (FROCAD).

A la société civile, Loamba Moke est sévère à endroit du commissaire général : "Le président a fait un mauvais choix. Sincèrement, je ne vois pas ce monsieur prendre des initiatives pour faire avancer la démocratie dans ce pays. Il est à la remorque des politiciens". Depuis quelque temps en effet l'homme se passe pour un véritable opposant dans le cadre du Consensus de Sibiti. Lui et Jean Michel Ebaka sont quasiment devenus incontournables dans le cercle. Dominique Basseyila a un peu plus de côte car il a déjà été élu député à Brazzaville. L'autre, il se trace le chemin.

Et pourtant Dominique Basseyila dit à BrazzaPLUS avoir de la ressource, et sait garder ses distances. Il prêche une nouvelle méthode, "celle qui consiste à prendre des initiatives et "non se contenter d’attendre l’action du gouvernement". "Je ne dépends pas du ministre de l’Intérieur", répond-il carrément à ses détracteurs, annonçant dans la foulée l’initiation d’une fiche d’évaluation de la révision des listes électorales pour "éviter des contestations à ce sujet".

Cet enseignant à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, reconnu comme homme politique modéré, envisage dialoguer avec le FROCAD, donc les opposants radicaux, souvent considérés comme des démons de la politique congolaise. "Malgré nos divergences, nous devrons nous entendre sur l’essentiel. Le Comité de suivi va s’ouvrir à tout le monde, même aux frères du FROCAD qui doivent comprendre que le tout ne réside pas dans la contestation », indique-t-il.

Dominique Basseyila est l’un des rédacteurs de la loi sur les partis politiques, mais surtout de la Constitution du 20 janvier 2002. Aujourd’hui, il estime que cette loi fondamentale ne peut plus servir. Une constitution qualifiée à l’époque de « trop sophistiquée » par son mentor politique, l’ancien Premier ministre André Milongo. « Un référendum apaisé », serait un premier test, soutient-il.

Outre le Commissaire général, le Comité de suivi des conclusions des dialogues politiques va compter dix autres commissaires venant de la majorité, de l’opposition, du centre et de la société civile.

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