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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


"Oyo, notre Lampedusa de Mossaka"

Publié par Arsène SEVERIN sur 8 Octobre 2015, 05:16am

Catégories : #Oyo, #Mossaka, #Lampedusa du Congo-Brazzaville, #Congo-Brazzaville, #Societé- Développement

@Du monde entassé dans une pirogue de retour d'Oyo
@Du monde entassé dans une pirogue de retour d'Oyo

Chaque jour, une à deux embarcations de fortune quittent Mossaka pour le port d'Oyo, dans des conditions inhumaines incroyables. Des femmes et des jeunes sont les principaux passagers qui rejoignent Oyo, le nouveau monde…

« Je rêve d'Oyo, à la moindre occasion, je m'embarque. Mon frère qui y a déjà été raconte que les conditions de voyage sont très difficiles », indique Anicet "Tata Mapassa", 25 ans, obsédé par le rêve de vivre un nouveau monde à Oyo.

Pour Igor, "Oyo est devenue pour les nous autres de Moussaka, notre Lampedusa ou autres villes des côtes italiennes. Notre rêve de tout le temps". Ce jeune visiblement sans emploi ni métier tient à quitter sa famille pour "tenter sa chance" à Oyo, son Lampedusa. Fan du club français le Paris Saint-Germain, Igor n'a fait que ruminer son rêve le jour où le PSG a battu Marseille par 2-1, deux buts de Zlatan Ibrahimovic.

Il y a plus de deux décennies, les habitants d'Oyo, pour se rendre à Brazzaville, passaient par le port de Mossaka. Aujourd'hui, les tendances sont renversées, Oyo est devenu, depuis un moment, un port d'éclatement. Une boucle incontournable. Ainsi tels des migrants, des femmes et des jeunes se rendent à Oyo pour espérer un jour atteindre Brazzaville, la capitale, ou Ouesso le grand pôle économique du nord.

Mais ce n'est pas facile de joindre les deux ports, celui d'Oyo et celui de Mossaka. Généralement, les embarcations quittent le port d'Oyo en fin d'après-midi. A bord d'une pirogue en bois d'une dizaine de mètres de longueur, poussée par un moteur de 15 ou 25 chevaux de puissance, une bonne quarantaine de passagers s’entassent comme du bétail, assis à même le plancher.

Dans le silence de l'Alima, ce puissant et dangereux affluent du fleuve Congo, l'embarcation coule paisiblement au rythme assourdissant du bruit de moteur. De Tchikapika à Konda, en passant par Tongo ou Bonyala Pama, Emboli, Tchetchebi, Oko, les eaux noir-café de l'Alima ne livrent aucun secret. Quelques brides d'histoire en langues Lingala, Mbochi, Moye, Bomi Taba, Likouba ou Likouala sont racontées avec très peu de précision par des passagers.

Le voyage est long. Très lent même. Il dure toute la nuit. Entre et 10 et 14 heures en tout. On quitte Oyo vers 17h et on arrive à Mossaka à 9h. Pendant l’expédition, passagers et membres de l'équipage urinent et défèquent dans l'eau...sans que la pirogue ne s'arrête. Ouf! Mais ces conditions ne découragent pas les passagers qui payent 6000 francs CFA de billet... Cela fait des années qu’ils voyagent dans ces conditions, pressées de vite atteindre les côtes d’Oyo, la nouvelle cité dont les berges brillent de mille et une lumières.

Ces voyages sont incertains. La qualité technique de l'embarcation laisse à désirer et l'Etat, du haut des quais des ports de Mossaka ou d'Oyo, perçoit des taxes par passager. A la vérité des gens qu'il envoie à la mort. La réhabilitation des voies navigables en tant qu'établissement sûr de voyage permanent doit être une priorité pour l'Etat. Combien de fois allons-nous continuer à remercier la providence qu'il n'y ait eu jusque-là aucun accident?

Les cadres de Mossaka qui ont aujourd'hui fait fortune doivent renvoyer l'ascenseur aux parents qui sont restés au village. 100 ans après sa création, Mossaka est certes passé d'un simple campement de pêche à une commune de moyen exercice, mais les moyens de transport ont totalement régressé. Les originaires de Mossaka dont le chef de l'Etat prête l'oreille ont intérêt à lui rappeler des vieilles promesses, notamment faire de Mossaka « la Venise du Congo, une ville piétonne ».

@Un peu de beauté après une nuit passée dans l'embarcation pour Mossaka

@Un peu de beauté après une nuit passée dans l'embarcation pour Mossaka

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