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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Morosité dans les quartiers sud, relatif engouement dans les quartiers nord!

Publié par Arsène SEVERIN sur 26 Octobre 2015, 18:52pm

Catégories : #Référendum Congo-Brazzaville, #Congo-Brazzaville, #Politique, #BrazzaPLUS

@Electeurs à Djiri
@Electeurs à Djiri

Après une longue journée électorale, les reporters de BrazzaPLUS reviennent sur le vote référendaire dans certains quartiers de Brazzaville.

"Nous sommes jeunes et nous avons le devoir, en tant que Congolais, de contribuer à l’avancement de notre pays", a éclaté Yann, étudiant, juste après son vote. C'est le tout premier de sa vie, car il n'a que 19 ans. Son enthousiasme est tel que son geste civique le marque. Ils sont nombreux, ces jeunes qui cherchent à voter au centre de vote de Thomas Sankara à Mikalou.

Devant le bureau de vote n°2 à Thomas Sankara à Mikalou, un électeur s’impatiente. Il est 8 heures. Les listes électorales ne sont toujours pas affichées, alors que les opérations de vote devraient avoir commencé depuis 1H. Fatigué d’attendre, il s’en va la mine froissée. "L’affichage des listes ce matin est la cause de notre retard. On n’a pas voulu afficher les listes hier par peur qu’elles ne soient arrachées par quelques semeurs de trouble", explique Hermann Mouandzibi, représentant de l’administration au bureau de vote n°3 à Djiri.

A 8H30, tout est fin prêt. Au lycée Thomas Sankara, les électeurs prennent d'assaut les bureaux de vote certains pour voter et d’autres à la recherche de leur nom sur les listes. Une franche présence des jeunes est observée.

Sous l’œil vigilant des observateurs de la CORAGED (Coordination nationale des réseaux et associations de la société civile pour la gouvernance démocratique et électorale) un homme, la soixantaine révolue, recherche en vain son nom. "J’ai été oublié", lance-t-il à haute voix. Il discute avec les membres du bureau de vote n°4 sans succès. Il ne votera pas, découragé il rentre chez lui.

Pas très loin dans le bureau n°3 une famille est aux abois. "J’ai ma carte d’électeur et mon nom est bien sur la liste, c’est incroyable que je ne puisse pas avoir accès au vote", s’indigne la jeune fille accompagnée de ses parents. Le chef de bureau refuse mordicus de la laisser passer à l’urne, car il lui faut sa carte nationale d’identité ou une autre pièce justifiant sa nationalité. Dans d’autres bureaux les choses sont un peu plus souples. Les parents de la demoiselle ont tous les deux voté dans le bureau de vote n°6 et n’ont point eu besoin de montrer leurs pièces d’identité, la carte d’électeur seule suffisait.

"Nombreux ne viennent encore que pour vérifier leur nom sur les listes. Les gens surtout les jeunes qui ne sont pas du matin, préfèrent voter l’après-midi ; il y a moins de gens, c’est plus calme. Mais la journée à bien commencé, d’ici 15 heures les bureaux seront bien remplies", nous confie l’un des membres du bureau n°7 préférant garder l’anonymat.

Un quart de votants présents repart le cœur lourd "Nous ne comprenons pas l’utilité du recensement qui s’est fait si au final personne n’a reçu sa carte de vote. Dans un grand centre comme c’est le cas à Thomas Sankara il est difficile de retrouver son nom sur les listes sans carte, sans indications", se désole un votant qui n’a pas reçu de carte d’électeur.

A Julia de renchérir "nous qui avons la volonté de venir voter nous n’avons pas de nom sur les listes et ceux qui ne viendront certainement pas voter leurs noms sont affichés. Le monde à l’envers". Et pourtant, dans un communiqué sur les médias, le ministre de l'Intérieur appelait tous ceux qui ont leur nom sur la liste, mais n'ayant pas de carte d'électeur, d'accomplir tranquillement leur devoir civique.

Entre ceux qui n’ont soit pas de pièce d’identité mais la carte d’électeur et ceux qui ont la pièce d’identité mais pas de nom sur les listes, il y a ceux qui n’ont rien "j’habitais Mpila juste avant les explosions du 4 mars 2012 et c’est là-bas que j’ai été enregistré. Vivant présentement au quartier Mikalou-Madzouna, je suis venu donc voter ici".

Malheureusement on ne me le permet pas parce que mon nom ne figure pas sur les listes. Je ne suis pas le seul dans cette situation, nous sommes nombreux. Nous n’avons ni carte d’électeur, ni noms sur les listes, ce qui est navrant car nous voulons vraiment voter", s’est plaint un sinistré

"Il y a quelques jours de cela un recensement de tous sinistrés s’est fait au niveau des communes et on remettait à chacun une sorte de reçu qui nous a permis mes fils et moi de venir voter paisiblement", explique Roger, un maçon.

Dans d’autres centres du quartier Mikalou-Madzouna comme l’école Asseni scolarité et L’école 5 février où il y a trois bureaux de vote dont un bureau du quartier Ouenze, le vote s’est passé dans l’apaisement absolu. Comparé aux deux bureaux de Mikalou-madzounou, Ouenze progresse plutôt bien on le dit à l’urne qui est à moitié remplie alors qu’il reste encore deux heures de vote.

Morosité dans les quartiers sud

Jusqu'à 10H, le siège de la mairie de Makélékélé qui abrite deux bureaux de vote n'était pas encore visité par des électeurs. Les 722 inscrits du premier bureau de vote se faisaient attendre. Les agents électoraux, patients, ne se décourageaient pas d'ailleurs. "Ils vont venir, il suffit d'être patients. D'ailleurs, le vote va se dérouler jusqu'à 17H. Nous ne sommes pas pressés", indique un des membres du bureau.

A l'école des Trois Francs, un président des deux bureaux de vote s'est réjoui d'être venu avec son poste radio. "C'est comme un consolateur, sinon je ne sais pas comment finir la journée dans une tristesse pareille", lance-t-il pendant qu'un électeur, véhiculé dans un Hilux, vient voter. Il retient son souffle avant de recevoir l'infortuné votant. "Je crois que vous n'êtes pas le dernier", fait-il observer à l'électeur qui s'engouffre aussitôt dans sa voiture, son devoir civique accompli.

A l'entrée du quartier Château d'Eau, notamment à l'OCH, les jeunes gagent la rue. Ils se prélassent et souffrent visiblement du manque d'activité. "Nous ne pouvons pas aller voter. Il y a quelques jours ils sont venus nous larguer des bombes lacrymogènes comme si nous étions des animaux. Qu'ils aillent voter eux-mêmes", dénonce un jeune, hésitant!

"Ndefi! Au grand jamais je mettrais mon nez devant un bureau de vote. Quoi! Après avoir passé une nuit avec une simple mangue et un morceau de manioc? Jamais, ça ne me regarde pas ce genre de vote", murmure une femme devant le siège de la commune de Bacongo dont le nom est affiché à l'école Mamba. Elle a à peine dévisagé sa copine qui l'invitait à voter. "Moi j'ai voté pour la paix. il faut qu'on vote pour la paix, nous devrons vivre ensemble", se contente-t-elle de dire avant de disparaître dans la rue d'à côté.

A Diata, à Matour, à Mpissa et à La Glaciaire, beaucoup de gens ont choisi tapir chez eux. "C'est mieux que rien. Dehors, il y a des gens qui menacent de tabasser tous ceux qui essayent de sortir pour aller voter. Mais comme je ne gagne rien dans tout ça, j'ai préféré suivre mes séries télévisées à la maison", raconte Elodie.

A Mfilou, dans les montagnes de Moutabala, les rares électeurs ont bravé la peur. Entre les assauts des jeunes et la présence des éléments de la force publique, très de peu gens en effet ont choisi d'aller voter. "Risquer une battue pour le seul bonheur des politiciens", commente un habitant de Mbouala.

Plusieurs autres bureaux de vote ont dû fermer à temps, faute d'électeurs. Le cas de certains bureaux à Gamboma dans les Plateaux. A Bouansa dans la Bouenza, le bureau de vote du collège, ouvert seulement à midi, a dû fermer très tôt vers 15H par manque de votants. Sur les 1300 électeurs enregistrés, seulement 7 avaient eu le courage de venir voter. Mais les responsables de ce bureau n'ont pas pu signer le procès verbal du vote, les membres de la CONEL ayant préféré embarquer tous les kits à la mairie de Bouansa. Pratique similaire observée à Mfilou à l'école primaire Mayindou où les responsables des bureaux de vote n'ont pas signé leurs procès verbaux. "Cela ne vous concerne pas, prenez seulement votre argent", a lâché un membre de la CONEL.

Avec Léo NGUIE

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