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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Sorel Eta et le paradoxe d'un succès international "sans soutien" du groupe Ndima

Publié par Arsène SEVERIN sur 9 Septembre 2015, 12:17pm

Catégories : #Sorel Eta, #Groupe Ndima, #Likouala, #peuple autochtone, #Congo-Brazzaville, #Population- Environnement

@Sorel Eta face à la presse
@Sorel Eta face à la presse

De la Suisse à l’Italie, en passant par la Belgique, la Pologne, la France, l’Autriche et la Norvège, le groupe autochtone congolais Ndima a démontré pendant deux mois son savoir faire lors de cette tournée internationale. Pour le manager du groupe, Sorel Eta, ce succès mondialement reconnu cache bien l'absence du soutien du mouvement par les autorités congolaises.

Les appels de pied et parfois de nez du groupe Ndima n’ont malheureusement jamais été suivis par les autorités nationales, notamment au ministère de la Culture. Des billets d’avion à la simple restauration des artistes venus tous du département de la Likouala, Sorel Eta doit chaque fois fondre sa main dans la poche. Son agent étranger qui organise tous les spectacles en Europe n’intervient que bien plus tard lorsque le groupe est déjà en terre européenne. Sûr que désormais tous les contrats peuvent être respectés.

Sincère et explosif à certain moment, Sorel expliquait, au cours d'une récente rencontre avec la presse à Brazzaville, qu'à chaque voyage, il prend soin d'écrire au chef de l'Etat, par le biais de son conseiller. "Et nous le faisons chaque fois, et chaque fois nous n'avons jamais eu de réponse. Aucun appui même pour les visas, car ce sont des choses plus complexes", indique le patron de Ndima. "Loin de nous couper les bras, on se donne la force avec les autres artistes autochtones et les tournées réussissent toujours", se réjouit-il.

Sorel Eta a révélé aux journalistes qu'un jour, à l'orée d'une tournée, le ministère de la Culture le fait venir au cabinet. "Arrivés sur les lieux, le ministre n'était pas présent. Ses collaborateurs n'ont pu rien nous dire, et nous sommes partis de là avec l'espoir que avant la fin de la journée, un coup de fil devrait retentir... rien jusqu'à ce jour", raconte-t-il avec tristesse.

Plus visible, pendant les festivals, les caravanes ou les grandes cérémonies organisés officiellement dans le pays, Sorel Eta et son groupe son toujours absents. C'est bien souvent des opportunistes qui viennent improviser des notes de musique et de sons de tambours discordants. La belle voix des berceuses de Ndima ne sont d'ailleurs bonnes que sur les antennes de Radio Congo, lors des intermèdes, des "bouche-trous".

Les milliardaires congolais dont l’argent fait énormément démangeaison ne songent pas à « retourner » quelques vieux billets de banque au jeune manager de 41 ans qui se débrouille avec les moyens de bord. Ils sont plutôt dans les « Viva » et autres « Mikembo », pavoisant les villes congolaises de gigantesques maisons, hôtels et restaurants. Grâce à eux d’ailleurs et heureusement, l’Europe et l’Asie sont désormais chez nous. Les jeunes peuvent tranquillement mourir ici sans voir Paris, ils l’auront bientôt à domicile.

Mais Sorel Eta lui, plein d’énergie et sûr de son expérience, s’est donné plus avec peu de moyen. A la différence des deux tournées précédentes, il a poussé l’expérience plus loin en foulant le sol Malaisien où le groupe a fait la connaissance des populations autochtones de ce pays. « Ce qui nous a le plus marqué en Malaisie, c’était le respect à la population autochtone. Nous avons eu l’occasion de le constater lors d’une soirée à laquelle nous étions des invités VIP. Ce qui n’est certainement pas le cas ici au Congo où les autochtones jouent encore les seconds rangs», fait savoir Sorel Eta.

Lors de la célébration de la journée internationale des populations autochtones, les peuples autochtones du Congo avaient durement critiqué le gouvernement sur les très mauvaises conditions d’accueil qui leur avaient été réservées. Selon Jean Nganga, président de l’Association pour la promotion des droits des peuples autochtones, « les peuples autochtones ont passé la nuit à la belle étoile, sur les cartons, alors que d’autres invités » se coulaient douce « dans les hôtels ».

Lors de sa tournée en Europe et en Asie, Sorel Eta, a animé, en dehors de la danse et de la musique, des workshops pour promouvoir la culture Akaa. Des journalistes étrangers ont largement fait écho de ces prestations.

Ndima, qui signifie forêt en langue akka du département de la Likouala, est un groupe qui existe depuis 12 ans. Crée en 2003, ce groupe en est à sa quatrième tournée internationale. Sa première tournée en 2012 se passait entre la France et la Suisse. En 2013 il est retourné en Suisse pour sa deuxième tournée. L’année dernière le tour était à l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, la Hollande et la France.

Avec Gessica Nguie.

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