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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


"Congolais, allons aux urnes"!

Publié par Arsène SEVERIN sur 23 Septembre 2015, 09:02am

Catégories : #Congo-Brazzaville, #Référendum Brazzaville, #Sassou N'Guesso, #Politique

@Sassou N'Guesso
@Sassou N'Guesso

L'appel du président Denis Sassou N'Guesso à ses compatriotes a retenti mardi soir, pendant que se dénudait au Parc des princes à Paris le duel PSG-Guingamp. Après avoir fait le résumé de la démarche qu'il a entreprise, le chef de l'Etat a annoncé le référendum constitutionnel "dans un horizon proche", mettant, par ailleurs, en garde tous les aventuriers ou désordonnés qui tenteraient de manipuler le peuple. En intégralité, le message du président.

Sassou N'Guesso n'est pas allé par quatre chemins. Il a préféré s'adresser "directement au peuple". On dirait même que son discours, écrit depuis le lancement de ce débat sur la constitution, a finalement été sorti des cartons. Le peuple est convoquer à trancher "et c'est la démocratie", a martelé dit Sassou N'Guesso.

Au moment où ça brûle au Burkina Faso et récemment au Burundi, le président de la république a choisi de passer par des voies adaptées et souples pour faire passer des réformes institutionnelles qu'il prône depuis deux ans. Le référendum est donc le seul moyen pour y passer. Sévère, le chef de l'Etat estime que l'heure a sonné et que les politiciens devraient plutôt tester leurs capacités de mobilisation. C'est pourquoi, il a invité les congolais à aller trancher ce débat dans les urnes et non plus dans les rues.

Il a stigmatisé dans son message à la nation la violence, rappelant que les Congolais avaient trop souffert et qu'ils ne désiraient plus que vivre en paix. Le chef de l'Etat a même promis d'y "veiller personnellement" et surtout sur la transparence des futures consultations électorales.

De son côté, le gouvernement n'a pas perdu du temps. Le ministère de l'Intérieur a lancé le 22 septembre la campagne de révision des listes électorales. Elle ne durera que quatre jours jusqu'au 26 septembre. Un délai trop court pour l'opposition qui vocifère. Mais elle n'est pas été écoutée.

Très rapidement, une commission sera mise en place pour rédiger une nouvelle constitution. Une fois le projet apprêté, le peuple sera alors convoqué pour dire oui ou non, si le truc convient. Si le nouveau costume sera pas un cintré de plus. Ce sera le travail du gouvernement. Les Congolais n'aiment pas qu'on décide à leur place, ils tiennent à leur liberté de choix, a encore déclaré Sassou N'Guesso dans son message à la nation.

Il y a quelques jours, le président Sassou N'Guesso avait saisi la cour suprême et la cour constitutionnel pour demander s'il était dans la légalité en convoquant un référendum constitutionnel sur la question de réforme des institutions. Le feu vert lui a été donné le 17 septembre par la cour constitutionnelle que président Auguste Iloki.

Réagissant à cet appel au référendum, l'opposition pense que le président de la république ouvre là une crise qui pourrait bien dégénérer dans le pays à l'image du Burkina Faso. Clément Mierassa, président du PSDC, se préoccupe même l'incapacité de l'opposition à pouvoir arrêter le déferlement des populations dans la rue. Pour Mathias Dzon, Sassou N'Guesso a fin son mandant, il doit partir calmement.

Voici en intégralité du message du président Sassou N'Guesso :

Mes Chers compatriotes,

Depuis plus d’un an, le Congo est en débat sur une question qui occupe largement l’opinion nationale et imprègne les consciences. Telle l’horloge de la vie, ce débat s’est imposé à nous. Il s’était instantanément répandu à l’ensemble des couches de la population dès qu’il avait été soulevé, suscitant intérêt et passions.

Aujourd’hui encore, il retient toute l’attention des hommes et des femmes politiques de notre pays. Ce débat, c’est celui portant sur l’évolution des institutions de notre République. Tout bien considéré, il se pose dans des termes simples, à savoir : faut-il changer ou non la Constitution en vigueur dans notre pays ?

Interpellé maintes fois par vous, mes chers compatriotes, j’ai appelé à des consultations républicaines. Des dirigeants, délégués des partis politiques, des associations de la société civile et des autres forces vives de la nation, qui ont répondu nombreux à mon invitation, m’ont partagé leur conviction sur la question.

Une très large majorité a soutenu devant moi qu’il y a nécessité et urgence à faire évoluer les institutions de la République aux fins de les adapter au nouveau contexte socio-économique de notre pays. Selon les défenseurs de cette opinion, la poursuite harmonieuse du développement du Congo en dépend.

D’autres dirigeants, peu nombreux, m’avaient dit leur opposition à l’idée de faire évoluer en profondeur les institutions de la République. Cependant, ils n’écartaient pas la possibilité de procéder à quelques aménagements de celles-ci en tant que de besoin. Le débat engagé étant celui des Congolais, entre eux, il était de mon devoir de créer les conditions pour qu’ils se parlent directement.

Cela fut fait avec la convocation du Dialogue national, à Sibiti du 13 au 17 juillet de cette année, Dialogue consacré non seulement aux institutions, mais aussi à la problématique de la gouvernance électorale au Congo.

Comme tous vous le savez, les 629 participants au Dialogue ont, sur la question de la gouvernance électorale, à l’unanimité, réuni de nécessaires convergences sur la manière dont nous, Congolais, devons désormais organiser les élections dans notre pays. Dans le même esprit fraternel et citoyen, les participants au Dialogue « ont, par consensus, selon leurs propres termes, opté pour les réformes institutionnelles, s’en remettant au Président de la République, initiateur du Dialogue, pour qu’il en tire les conséquences, conformément à ses prérogatives constitutionnelles ».

En observant l’évolution de la société congolaise, depuis plus de 50 ans, j’ai retenu que les Congolais ne veulent pas que l’on décide à leur place. Ils ne veulent pas qu’on leur impose un idéal. Ils ne veulent pas non plus qu’on restreigne ou qu’on les prive de leur liberté.

Ils veulent être entendus sur les choix qui engagent leur avenir. Ils veulent être libres de dire “oui” ou “non”, s’il y a un choix à faire les concernant. Ils veulent tous être respectés parce qu’ils sont Congolais et fiers de l’être.

Conscient de tout cela et dans la perspective d’apporter la réponse à la sollicitation des participants au Dialogue national de Sibiti, j’ai interrogé la Cour suprême, en sa qualité de conseil du gouvernement, et requis l’avis de la Cour constitutionnelle sur la possibilité d’organiser un référendum sur l’évolution des institutions de la République. Ces deux hautes juridictions m’ont répondu positivement.

Mes Chers Compatriotes,

En me fondant sur le premier alinéa de l’article 3 de la Constitution qui stipule que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce au moyen du suffrage universel par ses représentants élus ou par voie de référendum », et sur le troisième alinéa de l’article 110 de la Constitution qui attribue l’initiative des référendums au Président de la République concurremment avec le Parlement,

J’ai décidé de donner la parole directement au peuple afin qu’il se prononce sur le projet de loi énonçant les principes fondamentaux de la République, définissant les droits et devoirs des citoyens et fixant les nouvelles formes d’organisation et les nouvelles règles de fonctionnement de l’Etat. Après adoption du projet de Constitution qui sera élaboré par une commission mise en place à cet effet, le gouvernement déterminera les modalités de convocation du scrutin référendaire qui aura lieu dans un proche horizon.

Congolaises, Congolais, mes chers compatriotes, allons donc aux urnes, décider nous-mêmes de notre avenir ! C’est l’authentique exigence de la démocratie que nous avons voulue et instaurée dans notre pays au début des années 1990.

L’aventure et le désordre ne relèvent pas de la démocratie. Ils n’ont aucune place dans la République et ne sauraient être tolérés.

Que tous les hommes et toutes les femmes politiques, retiennent, comme moi, que les Congolais n’ont pas besoin de violence. Ils n’ont pas besoin d’être instrumentalisés. Ils n’ont pas besoin de voir certains d’entre eux s’opposer à d’autres dans des combats fratricides. Ils n’ont pas besoin de revivre les tristes et douloureux événements des années 1990.

Les Congolais ont besoin de vivre en paix. Une paix pérenne. Ils ont besoin de travailler et de profiter, en toute sérénité, du fruit de leur travail. Ils ont besoin de partager leur bonheur en famille et leur joie de vivre avec les autres citoyens du monde bénéficiant de la paix.

Les Congolais ont besoin de jouir pleinement de leur droit à la liberté et à la souveraineté, pour façonner, à leur manière, leur destin : en dehors de tout diktat ; loin des égos suicidaires, des ambitions personnelles et des prétentions partisanes.

Je veillerai personnellement à ce qu’il en soit ainsi. De la même façon, je serai attentif au bon déroulement des scrutins à venir de sorte que, dans la transparence requise, seule la volonté du peuple soit faite.

Vive la démocratie, Vive la paix, Vive la République.

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