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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Terminé à Sibiti, la "majorité" pour le changement de constitution

Publié par Arsène SEVERIN sur 17 Juillet 2015, 13:01pm

Catégories : #Dialogue Brazzaville, #Sibiti, #Congo-Brazzaville, #Politique

©Participants au dialogue de Sibiti
©Participants au dialogue de Sibiti

Les lampions se sont éteints ce 17 juillet au dialogue national de Sibiti dans la Lekoumou sur une tendance majoritaire optant pour le changement de constitution, selon le communiqué final lu à la fin des travaux par Christian Grégoire Epouma, secrétaire rapporteur adjoint du forum. Dans l'ensemble, trois positions se sont dégagées, celle favorable au changement, les révisionnistes et les "Touche pas à ma constitution". Un consensus cependant a été noté dans la réforme du système électoral.

On le savait dès le départ, le consensus ne devait pas se dégager à Sibiti. D'ailleurs tout au début, les acteurs de poids ne se sont pas accordés pour se rendre tous à Sibiti. Bon! A l'arrivée, une large majorité s'est prononcée pour qu'on change la constitution, notamment pour réduire le mandat présidentiel à 5 ans, mais ne plus le limiter à deux ou à trois fois. En plus, l'âge de candidature à cette fonction est proposé à 30 ans. Et de l'autre côté, la vieillesse ne devrait plus être un handicap pour oser postuler au fauteuil présidentiel.

Comme on le voit, un à un, les verrous sacrés de la constitution du 20 janvier 2002 devrait être sautés très prochainement, si le président Denis Sassou N'Guesso consentait à convoquer le référendum constitutionnel. En fait, les participants au dialogue de Sibiti ont demandé au président de la république qui "a convoqué ce dialogue" de décider en conséquence à la suite de ces résultats. Pour eux, l'essentiel est fait, il faut passer à une autre étape.

Les débats et les négociations ont été rudes sur la question de réforme des institutions. Fait-il évoluer ou bien garder le statu quo? La majorité des participants a estimé qu'il fallait progresser, donner plus de pouvoirs au parlement, mais surtout placer le gouvernement sous la responsabilité d'un Premier ministre chef du gouvernement comme Stéphane Maurice Bongo Nouarra, Jacques Joachim Yhombi Opango ou Charles David Ganao, entre 1992 et 1997, l'ère de la grande démocratie congolaise. Ce retour au carrefour devra donc consacrer un bicephalisme dont le président de la république sera le maître.

Fidèle à sa logique de faire intervenir le peuple si les politiciens de s'accordait pas, le président Sassou N'Guesso devrait aller sur une date de référendum pour q'on en finisse. La question a tant fait jaser du monde. Bien qu'on pense que plein de gens se sont rendus à Sibiti pour faire nombre dans le but de faire peser la balance du côté de ceux qui accepteraient de changer le truc. Heureusement dès le départ, Firmin Ayessa, le ministre d'Etat, directeur de cabinet du chef de l'Etat, avait mis en garde contre les hurlements, les votes et autres comportements de badauds, sinon tous les gars qui n'ont cessé de débarquer à Sibiti, même à quelques heures de clôture du forum, ne venaient pas pour caresser les Anti.

Bon! Au bout du rouleau, c'est encore le président qui se retrouve seul devant les recommandations pondues par les congressistes de Sibiti. Seul à la croisée des chemins, et seul devant l'histoire. Exercice apparemment facile, dira-t-on, mais pas toujours quand il faut continuellement rechercher le consensus dans de telles circonstances. Plusieurs opposants, et pas des moindres, ont boudé ce dialogue, estimant que les conditions de son organisation n'étaient pas réunies. En plus, une frange importante des partis de la majorité présidentielle composée entre autres de André Okombi Salissa et de Guy Brice Parfiat Kolelas, s'est opposée au dialogue, et s'est toujours opposée au changement de constitution. Mieux vaut ne pas les oublier, mais les faire revenir ou venir autour de la table. Les Congolais toute ouï se tournent eux désormais du côté du président de la république...

Voici un important extrait du communiqué final publié le 17 juillet 2015 à Sibiti :

Les débats au sein de la Commission ont fait ressortir trois tendances :

  • La première a porté sur l’évolution des institutions par le changement de constitution ;
  • La deuxième a porté sur l’évolution des institutions par la révision ;
  • La troisième a porté sur le maintien de l’actuelle constitution.

Une très large majorité s’est dégagée en faveur de la première tendance.

Les évolutions proposées par celle-ci portent sur la volonté de reformer nos institutions en conciliant les valeurs universelles de la démocratie et les réalités politiques, sociales et culturelles de notre pays.

A cet effet, les réformes à engager porteront sur :

  1. l’institutionnalisation des valeurs du dialogue et du partage;
  2. L’institutionnalisation d’un exécutif bicéphale par la création d’un poste de Premier Ministre, nommé par le Président de la République, responsable devant celui-ci.
  3. La fixation de l’âge pour être éligible à l’élection présidentielle à 30 ans minimum ;
  4. La fixation de la durée du mandat présidentiel à cinq ans renouvelable ;
  5. L’institutionnalisation d’une gouvernance qui prenne en compte les différentes composantes de la société congolaise, notamment les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap et les populations autochtones ;
  6. Le renforcement des pouvoirs du Parlement sur le contrôle de l’action de l’Exécutif, notamment par l’usage de la motion de défiance à l’encontre d’un membre du gouvernement et de la motion de censure contre le gouvernement ;
  7. La reconnaissance du statut particulier de l’opposition ;
  8. La reconnaissance du statut des anciens Présidents de la République, des anciens Présidents des chambres parlementaires et des anciens Premiers Ministres ;
  9. Le renforcement de la décentralisation ;
  10. La prise en compte des notabilités traditionnelles et religieuses ;
  11. La prise en compte de la diaspora ;
  • La prise en compte des questions de protection et de préservation de l’environnement.

Pour une minorité des participants, qui ne s’oppose pas à une évolution des institutions, les points visés peuvent être réglés par le mécanisme de la révision et ne nécessitent pas un changement de constitution.

Une autre minorité prône le statu quo, à savoir le maintien en toutes ses dispositions de l’actuelle constitution.

En considération de ce qui précède, les participants au Dialogue National 2015 s’en remettent au Président de la République, initiateur du dialogue pour qu’il en tire les conséquences conformément à ses prérogatives constitutionnelles.

Aux termes des travaux, les participants au Dialogue National 2015 recommandent :

  1. L’inscription au budget de l’Etat d’une subvention au profit de la CONEL ;
  2. La mise en place d’un Comité Ad’hoc de suivi des recommandations issues du Dialogue National 2015.

Les travaux du Dialogue National 2015 qui se sont déroulés dans un climat de parfaite compréhension réciproque ont pris fin le 17 Juillet 2015.

Fait à Sibiti, le 17 Juillet 2015

©Dialogue de Sibiti

©Dialogue de Sibiti

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