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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Elections et Constitution au dialogue du 11 juillet

Publié par Arsène SEVERIN sur 1 Juillet 2015, 10:57am

Catégories : #Message de Sassou, #Congo-Brazzaville, #Dialogue Brazzaville, #Politique Brazzaville, #Constitution 20 janvier

© Denis Sassou N'Guesso
© Denis Sassou N'Guesso

C'est clair désormais dans la tête de chaque Congolais, et notamment celles des hommes politiques, le dialogue national "sans exclusive et sans a priori" du 11 au 15 juillet portera bien sur la fameuse gouvernance électorale, chère à Clément Mierassa et ses amis du FROCAD, puis sur la Constitution, ou la réforme des institutions, thème cher à Pierre Ngolo et désormais à Faustin Elenga. L'annonce du président Denis Sassou N'Guesso le 30 juin, fête d'indépendance de RDC, n'a pas été ambiguë. Claire comme l'eau de source. Avant lui, nos analyses et supputations (http://severinnews.over-blog.org/2015/06/de-quoi-sassou-n-guesso-peut-il-parler-ce-soir-a-la-nation.html) avaient déjà vu le truc venir.

Comment peut-on améliorer l'organisation des élections dans notre pays, s'est à peu près interrogé Sassou N'Guesso, dans son message à la Nation. Depuis toujours, les gens pleurent, grincent les dents et se battent à cause des élections truquées, pipées, bradées. Le juge constitutionnel dit rarement de bonnes choses. Le mal persiste et les populations se divisent. Le chef de l'Etat qui a souvent eu vent de tout cela, même pendant les deux dernières élections élections présidentielles, veut qu'on améliore un peu le truc. Des élections qui se terminent dans la paix. Le vaincu félicite celui qui l'a cogné, et le gagnant promet de rassembler toute la circonscription.

Ce premier point du dialogue était tant attendu. L'opposition dans son ensemble a toujours estimé qu'il fallait revoir la loi électorale. Hier mardi, au cours d'une conférence de presse à Brazzaville, Pascal Tsaty Mabiala, le Premier Secrétaire de l'UPADS, a encore dénoncé "une loi électorale scélérate, une fichier électoral frauduleux et une commission électorale partisane".

La solution viendra forcément en partie des conclusions de Dolisie, le dernier dialogue tenu dans le pays avant les élections législatives. Ces conclusions, savamment préparées et vomies in extremis par le Parti congolais du travail (PCT) devraient être testées en 2014 lors des élections locales. Mais pouvoir et opposition s'étaient séparées en queue de poisson à l'Assemblée nationale au moment du vote de la nouvelle loi électorale. Preuve que les conclusions de Dolisie ont été jetées par la fenêtre. Bon, revenons-y alors!

Le président de la république a vu juste en replaçant cette question de gouvernance électorale au centre du débat politique. En plus, il a mis en avant une commission technique, comme le disait si bien Loamba Moke, président de l'ADHUC, dans une interview à terrAfrica (n°40 du 28 février 2015), pour réfléchir et élaborer des sous-questions en débat au cours de ce dialogue.

En réalité, les personnes chargées de contacter les participants techniques à ce dialogue ne devraient pas faire sans les analystes de SEVERINNEWS qui ont déjà largement montré la voie à suivre. En tout cas, ces héros dans l'ombre contribuent énormément. Tel que les choses sont claires, quelqu'un pourra-t-il encore dire qu'il s'était trompé? Celui qui ne trouve pas son compte dans ce dialogue, qu'il le dise avant même qu'on le commence. Il ne faut pas qu'il aille là-bas juste pour des perdiems, à la mangeoire. Sinon qu'il aille cultiver ses légumes au village. Car il s'agit de batailler fort et de faire passer ses idéaux. C'est maintenant une affaire d'hommes. On ne parle pas d'armes.

Le deuxième point c'est la Constitution, la réforme des institutions, pour faire élégant et éviter le mot Constitution. Mais oui, qu'est-ce que vous croyez? Sassou N'Guesso vous dit OUI à cette histoire de gouvernance électorale et rien sur le projet du Parti congolais du travail (PCT) sur la Constitution? Le dialogue est sans condition, il est sans a priori, a-t-il rappelé haut et fort à l'endroit de ceux qui feignent être des sourds de la république. Donc la Constitution sera bien la partie!

Et c'est là où le jeu va se jouer avec les participants, ceux qui ne viendront que pour voter pour une nouvelle république sans savoir même comment expliquer ça à leurs propres enfants. Mais bon, si la Constitution est mauvaise et qu'il faut la balancer par la fenêtre, seulement il faut être à plusieurs pour le faire. Après les débats scientifiques, juridiques avec les Jefferson et autres Montesquieu, il faudra passer à des compromis politiques. Car on ne changera pas la constitution pour donner la parole aux Sages du Congo, en tout cas on ne la changera pas pour donner plus de pouvoir au parlement. Cela est déjà réglé depuis le 20 Janvier 2002 : le président de la république peut le faire tout seul. Et si ce n'est pas ça, il y a donc autre chose. Les politiciens le savent très bien.

Pendant quatre jours, du 11 au 15 juillet, cérémonies d'ouverture et de clôture y compris, les participants doivent répondre à la question des élections et celle de la constitution. Les Mathias Dzon ne veulent pas qu'on y touche ? He bien qu'ils disent pourquoi ils ne le veulent pas. Les Pierre Ngolo désirent que les institutions évoluent? Eux aussi qu'ils disent dans quelle direction ils veulent maintenant amener le pays de Marien. C'est à peu près comme ça que s'interrogeait le chef de l'Etat.

Argument contre argument, stratégie contre stratégie. Ici ce n'est plus la triche ou la bagarre. Si le pouvoir remplit la salle avec des gars qui ne viendraient que pour voter de deux mains pour la réforme des institutions, alors le ministre Hellot Manston Mampouya de l'enseignement primaire et secondaire détient déjà la panacée : on annule et on recommence un nouveau dialogue!!!

Blague à part! Il faut une vraie sérénité de la part des participants. Si le dialogue, au nom de son non-exclusivité, se remplissait des Ngouakatours et des badauds, les débats seront forcement rabaissés et le Congo n'en sortira que diminué. Il ne s'agit pas d'une conférence nationale bis, mais d'une vraie réflexion sur deux questions seulement : les votes des populations quotidiennement volés, comment y mettre fin et la Constitution. Le reste des préoccupations : Dialoguons d'abord et on verra!

Entre temps, SEVERINNEWS apprend que le président Denis Sassou N'Guesso sera reçu le 7 juillet prochain à Paris par François Hollande, le président français qui entreprend en ce mois de juillet une visite de travail au Bénin, au Cameroun et en Angola, trois pays africains dont deux font frontière avec le Congo. A défaut de se faire accueillir à Brazzaville, sur sa route entre Yaoundé et Luanda, où le dialogue est en préparation, François Hollande a préféré faire monter le chef de l'Etat congolais à Paris, peut-être pour commencer, eux aussi, leur propre dialogue!!!

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Innocent 01/07/2015 22:54

Bonne analyse. Je vous lis toujours avec sourire, mais j'apprends des choses. Vous êtes particulier.

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