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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Pierre Mabiala à nouveau dans le viseur des "Fumu Toto" de Pointe-Noire

Publié par Arsène SEVERIN sur 8 Juin 2015, 13:06pm

Catégories : #Foncier, #Pointe-Noire, #Déguerpissement à Patra, #Societé- Développement, #Congo-Brazzaville

© MM. Dolo et Makaya
© MM. Dolo et Makaya

Les acquéreurs des terrains à Pointe-Noire sur le site Tchimana à Patra et le représentant de la famille Bikoulou, M. Makaya, se sont attaqués le 8 juin devant des journalistes au ministre Pierre Mabiala de la Réforme foncière, l'accusant de les avoir déposséder de leurs terres, acquises à la sueur de leur front. L'histoire date de 2013 et devant le silence des autorités pour trouver une famille à ces nombreuses familles aux abois, les gars ont débarqué à Brazzaville pour en parler au Chef de l'Etat.

"Mabiala nous a rendus tristes. C'est lui qui a tout mis dans le désordre. Il a tout foutu en l'air, alors que nous avions trouvé une oreille attentive, celle du président de la république qui nous avait même envoyé son conseiller, monsieur Pihi", affirme Gilbert Dolo, porte-parole des acquéreurs de terrains, et qui a fait le déplacement de Brazzaville.

Furieux, il a ajouté : "Nous ne connaissions même pas le ministre Mabiala dans notre dossier. C'est lui qui est venu mettre la confusion alors qu'avec la société MPC, nous avions un très bon dialogue, et nous espérions trouver un terrain d'entente".

En fait, il y a un millier de personnes jetées dans la rue à Pointe-Noire depuis 2013 pour avoir occupé le domaine de l'Etat. Ces familles avaient acquis des parcelles de terrain sur un site que le gouvernement aurait vendu, dix ans après, en 2013 à un opérateur minier, Mag Potasse Congo (MPC). Une note de service du ministère Pierre Mabiala mettant en place une commission qui gère ces terres, vaut autorité. Elle est à chaque fois exhibée par les actionnaires chinois pour se prévaloir de cette terre.

Les familles disposent des titres fonciers et nombre d'entre elles avaient ont construit et y habitent. Elles ont commencé la mise en valeur de leurs terrains depuis 2003. La société des fibres d'eucalyptus, EFC, s'était associée avec l'armée pour déguerpir violemment les occupants qualifiés d'anarchiques. Heureusement que les sages et dignitaires de Pointe-Noire s'étaient impliqués pour trouver une solution calme et apaisée. Mais depuis là, aucun signal fort n'est donné aux acquéreurs qui voient leurs espoirs s'effondrer. Comme un château de cartes.

Des militaires ont pris position devant le site et personne n'y rentre ou ne sorte. "C'est devenu une vraie caserne. Pour y accéder, il faut payer quelque chose, comme une aumône à l'Eglise. Alors que c'esr chez nous-mêmes. Quel est le mal nous avons fait. Nous n'avons créé la terre, nous l'avons acheté auprès de ceux qui en vendent ordinairement ici. Le gars qui nous tués, c'est le ministre Mabiala, ils ne sont pas deux ou trois, c'est bien lui, à travers une campagne d'intimidation. Il rencontrait les Fumu Toto avec des militaires et les menottes, les menaçant de les envoyer en prison s'ils ne libéraient pas le terrain de l'Etat", a expliqué Gilbert Dolo.

"Aujourd'hui, ce site est devenu une vraie forêt. Là où nos maisons ont été rasées ne poussent que des herbes. Nous étions d'accord pour qu'on y mette une usine qui donnera du travail aux jeunes. Alerté, le chef de l'Etat nous avait dépêché son conseiller et finalement le ministre Mabiala avait conclu de nous exproprier. Quelque après après, il s'est retourné contre nous", a-t-il poursuivi.

Ces acquéreurs sont accompagnés dans leur démarche par les propriétaires terriens de Pointe-Noire. M. Makaya de la famille Bikoukou a également fait le déplacement de Brazzaville. Il a rappelé que les terres ont toujours appartenu aux familles et c'est l'Etat qui achète. "Nous sommes sur les terres Tchimana depuis les années 1900, avant même la république. Le ministre Mabiala s'est très mal comporté et nous dénonçons ça. Il a agi au nom du président de la république alors que nous savons que ce dernier acquière régulièrement ses terrains, il ne se sert pas de son titre du chef de l'Etat pour ravir les terrains de gens. Mais pourquoi ses collaborateurs doivent le faire?" s'est lamenté M. Makaya.

En 2013, une autre terre était en litige avec l'Etat dans le secteur de Vindoulou, non loin des terres Bikoulou. Il s'agit des terres Loussimina, arrachées gouvernementalement par le ministre Mabiala et "vendues" à la Société Socofran. Mais après la résistance des ayants-droits, l'affaire a été mise sur la table du président de la république. Les populations concernées ont été indemnisées, la vente a donc eu lieu régulièrement, aux dépens de la société Socofran qui aurait déjà versé des montants colossaux au ministère. "Et nous estimons que nous aussi le président nous écoutera", a dit Gilbert Dolo devant un parterre de journalistes locaux.

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