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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Le CDHD dénonce une faible implication des autochtones dans le processus REDD à Pikounda

Publié par Arsène SEVERIN sur 9 Juin 2015, 10:04am

Catégories : #Population- Environnement, #CIB, #CDHD, #Congo-Brazzaville, #Forêt, #Sangha, #Populations autochtones, #Pygmées

©Alvin C. Koumbhat présidant la séance
©Alvin C. Koumbhat présidant la séance

Le Cercle des droits de l'Homme et développement (CDHD) a dénoncé "la faible" implication des populations autochtones dans le processus REDD mené dans la région de Pikounda dans la Sangha par la société forestière, Congolaise industrielle de bois (CIB). Selon cette organisation, les peuples autochtones sont mis à l'écart dans la prise de décisions concernant la vie et l'avenir même de leur communauté, une pratique contraire à la nouvelle législation congolaise et aux lois internationales. Les militants des droits de l'Homme ont recommandé à l'issue d'une réunion tenue à Brazzaville la prise en compte de ces populations.

"Nous ne sommes pas pris en compte dans la mise en oeuvre de ce processus. Mais, il faut aussi dire que les populations autochtones n'ont pas le même niveau de compréhension que les Bantous ou les Blancs de la CIB qui mènent ce projet. Ils nous embrigadent dans des choses que nous ne comprenons pas nous-mêmes. Notre seule présence suffit pour cautionner une action, alors que nous n'avons rien compris du tout", s'est plaint Jean Nganga, autochtone et président d'une association de défense des droits des populations autochtones.

Il a poursuivi son réquisitoire en demandant aux acteurs impliqués dans la mise en oeuvre du processus REDD dans la région de Pinkounda de leur laisser le temps nécessaire pour la compréhension de ce processus. "Déjà parfois les Bantous eux-mêmes ne comprennent pas la REDD en question. Comment pensent-ils que nous allons rapidement la comprendre plus que tout le monde?" s'est demandé le doyen Nganga.

Dans le communiqué final sanctionnant les travaux d'examen produit lors des missions d'enquête de terrain, le CDHD a estimé que les lignes directrices de l'ONU-REDD, les politiques opérationnelles de la Banque mondiale et la Constitution du Congo doivent être appliquées. "Nul n'est au dessus de la loi. C'est comme ça que la mise en place du processus REDD a été décidée dans sa mise en oeuvre. Rien sans les communautés locales et particulièrement les populations autochtones. Pourquoi cette société forestière n'arrive pas à appliquer les dispositions légales. Cela nous gêne beaucoup surtout quand nous sommes en discussion avec les autochtones", a affirmé Alvin Cremy Koumbhat, responsable des programmes au CDHD.

"Le gouvernement doit appuyer ce processus tel qu'il a été décidé de commun accord. Nous ne sommes que la société civile, la force de proposition. Le Congo a pris des engagements au niveau international, donc il faut bien qu'il les fasse appliquer", a-t-il insisté.

La REDD est un mécanisme mis en place par les Nations Unies pour atténuer des effets du changement climatique qui menace la planète. Des mesures incitatives ont donc été prises pour permettre réduire le phénomène. Mais, il faut l'implication de tous. C'est pourquoi la participation des communautés locales et notamment des autochtones, peuples des forêts, est requise avant de se jeter dans l'exploitation des réserves forestières. La CIB est une grande société forestière qui exploite et transforme le bois dans la partie nord du Congo. Sa politique d'exploitation et d'aménagement des forêts a jusque-là été appréciée par les gouvernants et la société civile.

© Les participants à la réunion.

© Les participants à la réunion.

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