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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Annuler le BAC pendant le BAC: une décision immature!

Publié par Arsène SEVERIN sur 5 Juin 2015, 10:42am

Catégories : #BAC 2015, #Culture, #Congo-Brazzaville, #Education, #Troubles Brazzaville

© Des lycéens à Savorgnan
© Des lycéens à Savorgnan

Dans une déclaration lue ce vendredi vers 10H45, le ministre en charge du Bac, Hellot Mantson Mampouya a officiellement annoncé l'annulation totale des épreuves du BAC Général 2015, même celles, les toutes dernières, qui devraient être passées ce jour. A l'origine de la décision sarcastique, des fraudes massives, des fuites de sujets et une désorganisation totale de la surveillance attirée par le gain facile. Fâchés, les candidats à cet examen qui étaient sûrs d'eux, n'ont eu d'autre réaction que s'en prendre au siège de la DEC, la direction centrale qui s'occupe des examens, et bien d'autres établissements scolaires, centres de l'examen.

"Annuler le BAC pendant que les enfants sont entrain de composer, mais c'est une gaminerie ça! Est-ce qu'on imagine ce qui peut arriver après? Dieu merci que tout est rentré dans l'ordre", nous gueulait une jeune femme, près de la direction rectorale de l'Université Marien Ngouabi. Elle observait de loin, la pagaille devant la DEC.

En fait, annuler un tel examen, plein d'enjeux, et pendant que les candidats sont encore tout chauds en plein processus du BAC, était un peu périlleux. La casse à Pointe-Noire, à Brazzaville et à Mouyondzi n'a pas été de douce enseigne. Finalement Hellot Mampouya a réussi à faire passer sa décision, concoctée depuis l'année dernière lorsque son BAC 2014 a fait flop, toujours à cause des fuites, cette fois-là parties de Kimongo. Voir notre article : http://severinnews.over-blog.org/2014/06/finalement-la-fuite-des-matieres-au-bac-2014-est-partie-de-kimongo.html.

Non, la décision n'était pas du tout murie. D'abord, il ne fallait pas annoncer la chose avant la fin des épreuves. Le danger était grand, voir que les enfants se déferlent dans la rue et s'attaquer à tout. Réaction légitime, et donc pouvait déjà être envisagée par les autorités. Il fallait laisser les enfants rentrer en famille ce week-end puis annoncer l'annulation même le lundi prochain. Pourquoi se sont-ils précipités à annoncer une aussi grande décision tard dans la nuit vers 23h? Pourquoi n'ont pas vu venir le chaos?

Oui! Annuler un BAC, ce n'est pas une simple décision de ministre de l'Enseignement primaire et secondaire. Mais c'est lui qui a signé le communiqué et c'est lui le ministre, il en porte l'entière responsabilité.

Le BAC, c'est toute une machine, une broyeuse. Ce n'est pas seulement le ministère de Mampouya, mais on a tout là dedans. Les ministères de l'Intérieur et des Finances sont aussi très impliqués dans l'organisation du BAC, eux respectivement dans la surveillance et le financement de l'examen. Lorsque le fonctionnaire de l'Etat qui avait pourri le BAC 2014 avec des fraudes partie de Kimongo et parachutées à Dolisie court toujours, il n'a jamais été inquiété.

Ministère des fuites, décidément, avant même que le ministre lui-même n'annonce l'annulation des épreuves du BAC, le bruit de fin surprise de l'examen avait déjà couru les rues et réveillé tous les Congolais, notamment ceux de Brazzaville et de Pointe-Noire. Les candidats qui rejoignaient les centres de l'examen ont donc été accueillis par ce vent violent, plus qu'un nsunami! En réaction, les gars se sont attaqués aux édifices publics et aux biens privés. Les commerces et des voitures de particuliers ont été prises pour cible par des candidats déçus, malades d'admettre qu'un si facile examen (à cause de la triche) soit annulé juste à la fin des épreuves.

Si à Matende, au Bord-bord de Ntiétié, à Voungou, à Poumbou Benjamin et au Lycée Victor Augagneur, les forces de l'ordre ont dû faire des tirs de sommation pour disperser les candidats déchaînés, à Brazzaville, la DEC n'a pu être tombée entre les mains des manifestants grâce aux forces de l'ordre dont les effectifs ont été renforcés à cet endroit. La bataille pour le contrôle du portail central de la DEC a tourné fort heureusement au compte des policiers et gendarmes qui ont défendu bec et angle, sinon à coups de gaz lacrymogène, le palais des examens.

Déchaînés, les gars se sont attaqués aux biens privés tout près, notamment le restaurant Tropical ou les bureaux situés au carrefour de la direction rectorale. Les vitrines du cabinet d'avocats Kinga ont volé en éclats. De nombreuses pare-brises des voitures n'ont pas survécu à cette épreuve. En plus, les candidats ont dispersé les autres élèves, notamment ceux des écoles privées qui fréquentent normalement.

La bonne nouvelle à Pointe-Noire, c'est que les voyous qui attendaient midi pour entrer dans la danse pour tout Niangamer dans la ville océane. Heureusement, les vrais manifestants eux n'ont tenu que 3H devant les policiers. Les salauds des profito-situationistes n'ont eux que leurs yeux pour pleurer.

Au lycée-collège Antonio Agostino Neto de Talangaï, il ne reste plus que l'échaffaudage. Des salles construites vite vite avec des contre-plaqués pour permettre les enfants sinistrés du 4 mars 2012 de passer leur BAC. Aujourd'hui, les enfants ont tout balayer, raser comme un vrai violent vent. C'est par terre!

Jet de pierres et pneus brûlés à Pointe-Noire. Les candidats ont tenu tête pendant un bon moment devant les forces de l'ordre qui ont réussi à les faire déguerpir par des coups de feu en l'air. A Dolisie, l'annonce n'a pas paralysé les candidats dans leurs maisons, au contraire c'est dans la rue qu'ils sont exprimés, violemment.

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