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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Marie-Claude Ducas sur "les commentaires postés aux Blogueurs"

Publié par Arsène SEVERIN sur 12 Mars 2015, 12:04pm

Catégories : #Medias

Marie-Claude Ducas
Marie-Claude Ducas

Le titre de ce billet interpelle d'abord mes collègues blogueurs et journalistes. C'est rare que cela arrive... Mais je me dis aussi que, par le fait même, le sujet devrait intéresser aussi tous les lecteurs, à commencer par ceux qui font des commentaires sur les blogues: j'imagine que, quelque part, vous êtes un peu curieux quant à la façon dont c'est reçu, et perçu ? J'espère donc que la section "commentaires" de ce billet se retrouvera un peu garnie, par les principaux intéressés...

J'écris ça, sans trop me faire d'illusions: en général, les blogueurs ont bien peu tendance, désormais, à interagir avec les lecteurs qui leur laissent des commentaires. Et, c'est sans doute particulièrement vrai en ce qui concerne les journalistes, ceux qui ont d'abord passé des années à travailler dans les médias traditionnels, avant de se retrouver plongés dans la nouvelle réalité des blogues. Et, par le fait même, à faire face à cette nouvelle réalité: les commentaires des lecteurs ! Commentaires que, au début, tout le monde rêvait stimulants et constructifs avant tout... Hélas, la réalité s'est vite révélée tout autre. Les commentaires se sont vite révélé être trop souvent (et même de façon prédominante), "un paquet de bêtises", comme on dit en bon français. Ce qui a d'ailleurs fini par pousser plusieurs médias à carrément abandonner les commentaires. J'en parlais déjà dans ma chronique Médias de dimanche dernier. Certains médias, dont The Guardian et The New York Times, font le chemin inverse. Mais de façon générale, la culture de la gestion des commentaires est loin d'être acquise dans les médias... Il faut dire que la modération des commentaires représente tout un casse-tête de gestion, sur le plan du temps et des ressources humaines.

Bruno Boutot, spécialiste des médias sur le web que je citais dans ma chronique, soulignait déjà que la seule solution vraiment simple, c'est de considérer que les journalistes sont responsables des commentaires. Logique, oui, si on se met à considérer que les commentaires font partie du contenu... Autrement dit, cela revient à considérer que chaque journaliste (et y compris chroniqueur, commentateur, blogueur...) agit comme une sorte de mini-rédacteur en chef de son propre média... et que les commentaires en font partie. Au journaliste, donc, de modérer les commentaires, de décider ceux qu'ils publie (ou non), et aussi de répondre à certains, afin d'orienter le débat, et de susciter le genre de participation et d'apport qu'il souhaite, de la part de ses lecteurs...

Une idée révolutionnaire? Peut-être pas tant qu'il n'y paraît à prime abord.

Tout d'abord, c'est ce que bien des journalistes font déjà, via des plateformes comme Facebook et Twitter: interagir avec leur public.... Pourquoi ne le feraient-ils pas davantage sur la plateforme de leur propre média ? Ensuite... oui, on voit déjà poindre le casse-tête, et le surcroit de travail que cela peut représenter pour les journalistes... Mais, considérant les ressources que cela demande déjà, pour avoir des équipes de modérateurs, cela ne vaut-il pas la peine de réfléchir, quand même, à des façons d'impliquer les journalistes ? Surtout si l'implication même des journalistes contribue à améliorer la qualité des commentaires. Et par le fait même, à la longue, à faciliter leur gestion. En tout cas, c'est ce qui ressort de quelques expériences et recherches menées sur le sujet. Ainsi, c'est ce qui est ressorti de cette recherche menée par le Engaging News Project, de l'Université du Texas à Austin, dont il est question dans cet article: le simple fait qu'un journaliste intervienne et réponde quelques fois aux commentaires, contribuait déjà à réduire le niveau d'insultes, et de commentaires "incivils", comme on dit. Mais l'article vaut la peine d'être lu au complet, si le sujet vous intéresse. Et, pour aller plus loin dans le même ordre d'idées, je vous invite aussi à lire ces billets de Bruno Boutot, qui poussaient davantage la réflexion en lien avec les communautés, et le rôle des journalistes: celui-ci, en anglais, et cet autre, en français, qui remonte déjà à 2011...

Je peux déjà dire que c'est quelque chose que j'ai été à même de constater ici, sur mon propre blogue: dès le début, je me suis assurée de répondre aux commentaires. Ce qui m'a valu, dès le départ, des réactions favorables de la part de lecteurs. "Pour une fois qu'on n'a pas l'impression d'avoir affaire à un robot", m'avait écrit un lecteur. Et, en répondant, j'ai d'ailleurs établi tout de suite les règles du jeu: le genre de commentaires et de débat que je favorisais, et ceux que, au contraire, je ne voudrais pas sur mon blogue. (D'ailleurs, au début, j'avais le contrôle sur l'approbation des commentaires. Mais, avec la nouvelle plateforme du Journal, je ne l'ai plus. Je dois dire que je trouve ça un peu dommage...) Et puis, au jour le jour, quand je réponds, je fais, si on peut dire, du renforcement positif. Je réponds aux commentaires qui apportent vraiment quelque chose au débat; je remercie leurs auteurs pour ça, et je leur donne mon point de vue sur leur opinion. Par contre, j'ignore ceux qui écrivent uniquement pour provoquer, insulter même, pour "ploguer" un agenda, ou pour pousser un sujet qui n'a pas vraiment rapport avec ce que j'avais soulevé...

Mais, une fois qu'on a dit tout ça, il reste que, recevoir des commentaires à tout vent, est quelque chose de très éprouvant pour les blogueurs et les journalistes: on est souvent estomaqués par le manque de savoir-vivre élémentaire de bien des commentateurs, et par les insultes personnelles que certains se permettent carrément. "S'il fallait que je porte vraiment attention à tout ce qu'il y a dans les commentaires sur mes blogues et mes chroniques, je serais déprimée à longueur de journée", m'a dit Lise Ravary, à qui j'ai posé la question. "Et je sais que certains collègues ne vont même pas les voir. Pour se préserver, pour se protéger. Ce n'est pas tout le monde qui est prêt à se retrouvé exposé à des injures personnelles. Et, ce n'est pas juste au sujet de ce que tu as écrit: mais sur ton apparence, ton âge... tout y passe. Beaucoup préfèrent ne même pas consacrer de temps et d'énergie à ça, et ne pas risquer d'en être affectés."

Qu'en pensez-vous ?

Y a-t-il des blogueurs dans la salle? Et des journalistes-blogueurs? Comment les commentaires vous affectent-ils? Comment les gérez-vous?

Ce sera le sujet de ma prochaine chronique Médias.

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