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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Après son "Je recuse", Charles Zacharie Bowao à présent sur Rfi : " C'est inopportun et illégal"!

Publié par Arsène SEVERIN sur 18 Mars 2015, 15:42pm

Catégories : #Politique

Charles-Zacharie Bowao
Charles-Zacharie Bowao

Dans le débat sur la mise en place ou non d'une nouvelle constitution au Congo-Brazzaville, Charles Zacharie Bowao, membre du bureau politique du PCT, le Parti Congolais du Travail de Denis Sassou Nguesso, fait partie de ceux qui alertent contre les risques d'un changement de constitution. Car - il en est persuadé -, le débat actuel n'a d'autre finalité que de permettre une nouvelle candidature du président congolais.

RFI : Que pensez-vous du projet de changement de constitution qui est souhaité par votre parti, le PCT, le Parti congolais du travail ?

Charles Zacharie Bowao : Il est inopportun, il est illégal et la base du parti est contre ce projet en raison de tout ce que nous observons sur le terrain. C’est le bureau politique, le comité central, qui se sont prononcés dans une grande confusion procédurale, en faveur du changement de la Constitution. Ceux des autorités nationales, comme le président de l’Assemblée, comme le ministre en charge des questions foncières, qui ont lancé ce débat pour des raisons qui sont à leur discrétion, ont clairement dit qu’ils le faisaient pour permettre au président de pouvoir briguer un troisième mandat.

Ils l’ont dit à quelle occasion ?

Ils l’ont dit à Dolisi, à l’occasion d’une descente du président de la République, ils ont saisi l’occasion de cette rencontre militante pour dire : «Monsieur le président, nous voulons que vous prolongiez votre présence au pouvoir au-delà de 2016 et pour cela, il nous faut absolument changer la Constitution parce que celle-là ne vous permet pas de le faire».

Est-ce que vous avez par ailleurs assisté à des réunions internes au PCT où la question a été évoquée ?

Oui, j’ai assisté à la réunion du bureau politique du parti en novembre dernier, j’ai pris part aussi à la réunion de décembre dernier, au cours de ces deux réunions, ces questions ont été abordées. Maintenant, il y a une correction, vue la manière dont les gens ont réagi. On s’est dit : on ne peut pas entreprendre une telle action, en prenant pour raison fondamentale le maintien au pouvoir du président Denis Sassou-Nguesso, il faut placer ce débat dans le cadre global d’une évolution des institutions, donc un recadrage institutionnel. Nous avons inscrit un certain nombre de mécanismes dans cette Constitution qui peuvent permettre de rééquilibrer les relations entre le président de la République, qui est la clé de voûte du système, et les autres institutions. Tout cela peut se traiter dans le cadre normal d’une révision constitutionnelle. Le resten c’est un coup d’Etat qui nous rappelle plus ou moins ce que le Niger avait connu avec Mamadou Tandja. Le reste nous amène un tout petit peu dans ce que nous venons de connaître avec le Burkina, la chute du président Blaise Compaoré. Ce sont les mêmes thématiques, ce sont les mêmes problématiques, ce sont exactement les mêmes tractations et rétractations autour de la question du pouvoir.

Est-ce que justement les conséquences peuvent être les mêmes ? Est-ce que l’on peut assister à un scénario nigérien ou burkinabè, ou soit l’armée, soit la rue du coup, essaie de faire entendre sa voix ?

Rien n’est exclu.

Est-ce que vous vous sentez toujours membre du PCT, du Parti congolais du travail aujourd’hui ?

Jusqu’à la preuve du contraire, je suis membre du bureau politique et tant que ce débat n’est pas épuisé, je le démêlerai. Si par extraordinaire, le président décidait d’aller au référendum, il est évident que j’aurais eu la preuve que tout le combat que nous avons entrepris sous son autorité aura échoué et à ce moment là, ma place n’est plus au sein du PCT, en tout cas un coup d’Etat constitutionnel n’est pas une chose à laquelle je participerai, je m’abstiendrai.

Est-ce que vous envisagez d’être candidat à la présidentielle de 2016, Charles Zacharie Bowao ?

Cette question n’a jamais trotté dans ma tête. Mon problème, c’est la République, c’est la démocratie, c’est les règles du jeu qui doivent permettre que le meilleur puisse gagner.

Et cette question ne trotte toujours pas dans votre tête à l’heure actuelle ?

Non.

Qu’est-ce que vous dites à ceux qui disent que vos prises de position sont liées à votre mise en cause dans l’explosion du dépôt de munitions de Mpila ?

Ca n’a absolument rien à voir. Vous savez, j’ai dit au bureau politique, à certains camarades, les mêmes qui me traitent de revanchard, de minoritaire, certains ont dit que je m’exprimais parce que j’avais été sorti du gouvernement. Oui, j’ai été sorti du gouvernement, les raisons sont à la discrétion du président de la République. Mais les mêmes auraient dit, si je me levais ce matin pour dire : « Je suis pour le changement de la Constitution, il veut revenir au gouvernement, c’est pour ça qu’il clame haut et fort le changement de la Constitution », non moi je suis sur un débat éthique.

Qu’est-ce qu’il faut selon vous pour éviter au Congo une nouvelle crise politique ?

Il faut très peu de choses. Le président de la République se remet au-dessus de la mêlée, et il dit clairement aux Congolais, aux Congolaises qu’il respectera la Constitution. Ça veut dire, ne pas se donner une démarche, qui demain nous amène au changement de la Constitution. Deuxième chose, puisque nous avons fait le point des élections précédentes et que nous sommes tombés d’accord qu’il y a un problème avec le fichier électoral, qu’il y a un problème de gouvernance des élections, en tant que président de la République, il appelle les différents partis pour s’accorder sur la manière de tirer les leçons et il entreprend le processus qui devra aboutir demain à l’élection apaisée du nouveau président de la République en 2016. Il entre dans l’histoire par la grande porte, ça va le hisser au niveau où il mérite d’être.

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