Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

BrazzaPLUS

BrazzaPLUS

Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Ouverture du procès des auteurs "fabriqués" des pillages à Asia!

Publié par Arsène SEVERIN sur 17 Février 2015, 18:04pm

Catégories : #Societé- Développement

Le public à la sortie d'audience ce 17 février
Le public à la sortie d'audience ce 17 février

La première chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Brazzaville a ouvert le procès des présumés auteurs des pillages du magasin chinois Asia de Bacongo. Au lieu des 78 personnes présentées au lendemain des pillages, neuf civils seulement ont été amenés devant le juge. Le ministère public les poursuit pour « Vol et Recel » des biens d’autrui. Le verdict sera prononcé ce vendredi à 9h.

Le palais de justice de Brazzaville a une fois de plus été pris d’assaut ce 17 février par des justiciables congolais, assoiffés de justice, dévorés par l’envie de savoir qui et comment a été mis à sac le super magasin Asia de Commission à Bacongo. He bien voilà ! A l’ouverture de l’audience, sur les 78 personnes présumées coupables que la police s’était précitée de montrer à la télévision, seulement neuf petits poissons étaient à la barre. « Un échantillon », a vite déclaré la procureure qui était envoyée ce jour au feu.

Tous les neuf sont détenus à la maison d’arrêt de Brazzaville. Ils ont d’ailleurs dans leur gilet en fluo, visiblement en bonne santé. Les trois femmes qui comptaient le peleton étaient un peu sale, des cheveux défrisés comme des veuves. « Nous sommes dans un pays, le Kue Ngo (Kongo) où les panthères mangent les faibles, où la loi ne frappent pas les forts. C’est pourquoi nous n’avons que ceux-là ici. Mais si le parquet parle d’un échantillon, où sont alors les vrais coupables ? » s’est interrogé Thomas Djolani, un des avocats de la défense.

Pour maître Eric Ibouanga, le ministère public n’est pas du tout capable de démontrer que ces personnes ont volé les articles chez Asia. Le cas le plus spectaculaire en effet est celui de Nganga Prisca, une vendeuse d’une trentaine d’années, arrêtée par la police à la hauteur de la Montagne Sainte à Makelekele, le 4 février avec des pattes alimentaires, semble-t-il volées chez Asia. He, les gars ! Nous sommes le 4 février, et les incidents ont eu lieu le 31 janvier, a rappelé maitre Ibouanga. La procureure, elle-même dans ses débuts n’a eu qu’un large sourire à esquisser pour signifier que tout le ministère public était tombé dans le panneau des coupables fabriqués.

«Ce sont des infractions intentionnelles, le vol et le recel, il appartient donc à la procureure d’apporter la preuve probante de cette accusation. Ma cliente Nganga Prisca souffre dans son être pour rien. Pourquoi avoir gardé un être faible dans conditions que nous connaissons dans notre maison d'arrêt », a dénoncé Me Ibouanga.

Les trois avocats, Guy Roger Kinga, Djolani et Ibouanga qui défendaient les causes perdues ont demandé simplement la relaxe de ces personnes. Le cas de Nkouka, arrivé ici pour avoir bénéficié des fruits de la vente d’un congélateur. Semble-t-il que c’est le recel. Hoo, c’est faux ! Lui ne détient pas l’objet volé ou d’une origine délictuelle, mais aurait bénéficié de 15.000 francs CFA, fruit de la vente d’un congélateur volé. Me Djolani a demandé au tribunal de qualifier ces faits conformément au Code pénal, notamment en son article 460. Le voleur ou le receleur doit détenir l’objet délictueux. « Mais franchement monsieur le président, si au Congo on emprisonnait tous ces cas, mais tous les Congolais seraient en prison. Avec les cadeaux, les pourboires, les loyers de maison, les frais de carburant, parfois même des salaires venant des vols… », a indiqué Me Djolani, appelant simplement que les neuf personnes rentrent tranquillement chez eux.

Me Djolani a rappelé que les autorités de la police avaient pourtant annoncé l’arrestation de certains agents de police, auteurs de ces pillages, avant de s’interroger sur leur absence. On ne peut faire plaisir à la police en condamnant des faibles. « Cet échantillon a été monté de toutes pièces, ils ne savent rien de ce qui leur est reproché. La justice ne doit pas prise pour une poubelle», a-t-il martelé.

De leur côté, les commerçants ouest africains constitués partie civile se plaignent pour le vandale de leur boutique. Ils réclament en tout et pour tout 180 millions de francs CFA de dommages. Sans citer l’Etat dans la procédure, les plaignants mettent toute la charge sur les neuf larcins. Commentant cette demande, Me Djolani affirme : «Ceux qui demandent ces millions sont arrivés au Congo les pieds nus sans un franc dans les poches. Les prévenus ici présents ne savent même pas c’est quoi un million, ils ne l’ont jamais vu ni palpé. Il n’entendent que l’échos».

Les commerçants Mamadou Diarra demandent 17 millions de francs CFA de pertes et 80 millions de dommages. Et un autre se plaint pour 14 millions. « Ce ne sont pas ces gens qui vont payer ces montants colossaux montés de toute pièce. Il faut refaire la procédure et poursuivre l’Etat qui a failli dans sa mission de veiller sur les biens et les personnes», a indiqué Me Eric Yvon Ibouanga.

Le président de la première chambre correctionnelle de Brazzaville, après avoir écouté toutes ces plaidoiries a mis l’affaire en délibéré. Le verdict sera connu le vendredi prochain, à 9h. Selon le propriétaire du magasin Asia, ce saccage lui aurait coûté quelque 400 millions de francs CFA de pertes. Une démarche initiée par l’ambassade de Chine au Congo auprès des autorités congolaises devrait en principe aboutir à un paiement des sommes évoquées.

Scellé d'un congélateur volé chez Asia

Scellé d'un congélateur volé chez Asia

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents