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Le président Denis Sassou N'Guesso
Le président Denis Sassou N'Guesso

L'annonce de la date du référendum constitutionnel, le dialogue politique entre divers acteurs de la société et de nombreux avantages sociaux, sont autant de soucis que les Congolais aimeraient entendre le président Denis Sassou N'Guesso aborder ce soir dans son traditionnel message de voeux aux populations.

Ils sont nombreux à boucher depuis quelques mois les oreilles sur la question du changement ou pas de la constitution et ne plus qu'attendre le président Denis Sassou N'Guesso lui-même dire son dernier mot! Hooo! Quel dernier mot encore, s'il n'avait pas déjà tout dit aux Etats-Unis, clarifié ensuite récemment du retour de la Havane à Cuba? Parlera-t-il en Chinois ou en Yaka?Peut-être en Loango ou en Bomi Taba? Le 31 décembre est la date à laquelle en effet certains Congolais veulent entendre le président annoncer de vive voix et solennellement sous l'hymne national, La Congolaise, que le référendum constitutionnel sera convoqué à telle date. Voilà!

Orientation difficile sinon impossible dans un message de veoux de fin d'année. C'est trop aller loin, même si cela peut révéler une bonne partie de vérité. C'est trop direct que d'annoncer une période ou un mois précis de cette consultation populaire. C'est pourquoi les stratèges estiment que le président de la république n'abordera même pas cette question dans son message de voeux. En évoquant la question de paix et de stabilité politique, le chef de l'Etat devrait tout juste faire une petite entaille sur la question, mettant certainement en garde contre certaines gesticulations et en réservant la primeur à l'année 2015 seule. C'est l'année charnière, celle qui nous conduira droit en 2016.

Une ouverture sur le dialogue est possible d'être évoquée, mais à demi mots, à mots couverts. Car ces assises tant appelées par les acteurs politiques et civils renvoient d'un seul petit pas à cette histoire de constitution. Faire une large communication sur la question laissera entrevoir certaines faiblesses voire certaines angoisses pour les organisateurs. Une certaine reconnaissance pour ceux qui en appellent depuis des mois, des années voire même. Ici le langage sera voilé et codé, comme cette histoire de troisième pénalty à Lubumbashi en RDC avec Moïse Katumbi Tshapwe. Dans un premier temps, on laissera planer l'idée de Congo pays de dialogue, avant de donner largement les moyens pour mobiliser ou déboulonner ceux qui ne sont pas partis à Ewo ou à Dolisie.

Le discours du président devrait en fait déjà être galvanisé par les récentes déclarations du Parti congolais du travail (PCT), tant dans les fédérations qu'au Comité central. Le ton est donné et le tout est su. Et cadence devrait même commencer ce soir à 20h avec l'hymne national, verre de champagne à la main. Revenir avec force détails sur ces questions, c'est fausser la politique, c'est ôter le boulot des politiciens qui veulent déjà se jeter à l'eau dès janvier 2015. En plus, politiquement ceux qui, au sein même du PCT, ne sont pas en accord avec les changeurs de constitution succomberont de leur déception dès qu'ils apprendront que le président a tout dit. Mieux vaut les laisser sauter les bonanés dans la joie et l'inconscience avant de les prendre par surprise. L'homme n'est-il pas moitié-bête et moitié-homme? Si oui, c'est de pleine raison que de dire l'homme est un animal politique. Il faut les épargner de cet empoignardement dans le dos. Ou dans la figure. C'est toujours deguelas quand il s'agit des camarades de lutte.

Pour doser les esprits, le chef de l'Etat devra aborder les questions sociales, plus souples, dont les réponses sont toujours attendues par les Congolais, toujours en état des chiens de Pavlov. Un jour à Okoyo dans la Cuvette Ouest, alors que le président Sassou N'Guesso s'apprêtait à couper le ruban symbolique de la route qui mène à la frontière Gabon, une femme crie dans la foule, "papa mokondzi sunga nga"! Les problèmes qui ne finissent jamais et dont les solutions ne suffisent pas aussi. Tu construis une route, on te demande les caniveaux, tu fais la canalisation, ils disent que c'est des gouttières. Tu donne de l'emploi, ils disent que c'est de la chinoiserie, tu emploies dans la fonction publique ou dans l'armée, on te demande des gros salaires. Tu construis les hôpitaux, ils te demandent la gratuité!

L'emploi! Ha, l'emploi et toujours l'emploi des jeunes, même des vieux, tout le monde attend. Que dire d'une annonce sur la création des milliers d'autres emplois intéressant des milliers de chômeurs dans le pays? Les applaudissements pleuvront forcement sur les télés à la maison. Et surtout pas revenir sur le nombre d'emplois créés pour élider le problème. Ou on annonce de nouveaux emplois, ou on ne dit rien. C'est aussi très politiquement stratège!

La politique et la justice font toujours bon ménage dans notre pays. Et pourquoi pas que le président annonce ce soir la relaxe de certains prisonniers comme il le fait d'habitude? Cette fois-ci la libération de Marcel Ntsourou ne portera pas le parfum de la joie. Très peu n'applaudiront pas de voir cet officier dans la rue, certes. Mais sa sortie relancera forcement les éternelles questions des populations sur le pourquoi et le comment de ces explosions de Mpila. Et…cette fusillade du 16 décembre. Politiquement l'acte aurait été bon, mais le revers exige que le président de la république tienne les brides de ses responsabilités jusqu'au bout en donnant une vraie réponse aux questions des Congolais. Par contre alléger les peines de Marcel Ntsourou, doublement condamné, ouvrira forcement la voie vers une amnistie totale.

Le changement de constitution appelle aussi d'autres devoirs de l'Etat. Etre plus proche des populations et soulager leurs peines. Annoncer les prochaines inaugurations de routes dans la Sangha ou le démarrage des travaux routiers dans le Niari et la Bouenza. Les questions de santé et d'éducation des enfants ne sortent jamais des familles congolaises. Faire un tour dans les hôpitaux et voir comment les miraculeux qu'on y garde (nombreux fuient faute de moyens financiers pour faire face à la demande interminable des médecins) souffrent. Si une annonce va dans ce sens, comme pour le Palu ou la Césa (parfois de simples serpents de mer).

Le mystère du discours de fin d'année du président de la république, c'est qu'on y reste scotcher. Tout le monde, dans les villes comme dans les campagnes, tient à ne pas louper un seul mot de ce message. Les radios se réparent déjà et les pilles sont en stock. Les attentes sont différentes selon qu'on soit politicien ou fonctionnaire. Le dialogue, les avantages sociaux, la création d'emplois, autant de soucis que les Congolais auraient voir le président aborder ce soir dans son traditionnel message.

Tag(s) : #Politique
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