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Le Général Paul Victor Moigny
Le Général Paul Victor Moigny

Le commandant de la gendarmerie congolaise, le Général Paul Victor Moigny est allé déclarer le 12 décembre à Dolisie dans le sud ouest que les officiers militaires ne devaient pas être bernés par les hommes politiques en mal de popularité. Il a martelé que les militaires étaient apolitiques.

Profitant de son passage dans la capitale de l'or vert où il a installé le nouveau commandant de la gendarmerie de cette région, le Général Moigny a dit aux officiers militaires qu'ils ne devaient pas suivre les discours des hommes politiques qui veulent rallier les chefs militaires ainsi que leurs troupes à leur cause. "Nous sommes apolitiques et nous ne devons pas être bernés par les hommes politiques qui cherchent la popularité a travers nous les officiers, nos sous-officiers et les hommes qui sont derrière nous", a tempêté le numéro un de la gendarmerie du Congo, en sa qualité de responsable chargé de stratégie d'anticipation dans l'armée.


A quelques jours du glorieux passage en 2015, année charnière où le Congo va se décider de son histoire avec cette affaire de la constitution, un tel discours vaut bien une mise en garde. Les militaires, officiers et hommes de rangs ont toujours choisi leur camp dans les différents moments difficiles et sanguinaires que le pays a connus le long de son histoire. Hypocrites et apatrides (oui, cela ne saurait être dit autrement), les militaires ont toujours servi les hommes politiques qui leur bouchent les oreilles par des discours mielleux et ce au détriment des populations qu'ils massacrent sans pitié sur ordre aveugle des mêmes politiciens. Le discours du Général Moigny devait taper fort dans les oreilles parfois calfatées des chefs militaires qui s'amusent à manipuler leurs troupes en les ameutant contre les pauvres civils. Parce qu'ils sont du sud, parce qu'ils sont du nord. Parce qu'ils sont de l'opposition, parce qu'ils sont de la majorité. Keba, la Cour pénale internationale (CPI) s'en mêle désormais!


Le message du Général Paul Victor Moigny devait aussi toucher tous ceux qui ont politiquement récupéré la récente distinction par la France du Chef d'État-major général des Forces armées congolaises (FAC), Guy Blanchard Okoï, fait Officier de la Légion d'Honneur de France. Nombreux estiment que les Français avaient choisi par cette distinction l'homme qui viendra à bout de Denis Sassou N'Guesso en empêchant l'armée de tirer sur la foule qui descendra dans la rue ce jour-là (???). Typique cas du Burkina Faso où les militaires, notamment le numéro deux de la garde présidentielle, ont joué le jeu contre Blaise Compaoré. Mais ne pas voir le côté cadre brillant et parfois rare diplômé des écoles militaires françaises, c'est aussi ne pas reconnaitre ce que vaut réellement cet officier général congolais décrit dans son milieu comme un homme craint et rigoureux.


Le message de Dolisie devra faire méditer les hommes de troupes et leurs officiers qui ont l'habitude de tronquer leur uniforme au profit d'un camp politique. Plusieurs fois par exemple, la police a été complaisante en arrêtant et bastonant des opposants parce qu'ils dénonçaient le changement de la constitution, alors qu'on ne l'a pas vu faire la même chose dans les meetings du Parti congolais du travail (PCT). Un rôle bien ambiguë que de mater ses propres mentors, mais être officier c'est avoir des couilles en acier et non en or. L'armée n'est toujours pas neutre dans ce qui se dit en politique. Elle prend y part des fois de façon très active. Le haut-commandement militaire est intervenu en 2007 dans la guerre idéologique de très mauvais goût entre différents partisans du PCT, les conservateurs et les rénovateurs.

Tag(s) : #Politique
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