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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Pr Tsomambet : " La DGST, une expérience à ne pas revivre"!

Publié par Arsène SEVERIN sur 27 Novembre 2014, 17:20pm

Catégories : #Politique

Tsomambet, Mierassa et Makita-Mbama devant la presse
Tsomambet, Mierassa et Makita-Mbama devant la presse

Interpellé par la police et embastillé dans les locaux en pierres de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), le professeur Anaclet Tsomambet, libéré après six jours de détention dit en avoir vu de toutes les couleurs. A tel point qu'il tire cette conclure : "l'expérience de la DGST n'est pas à revivre"!

Ces propos tenus le 27 novembre au cours d'une conférence de presse co-animée à Brazzaville par Clément Mierassa et le professeur Makita-Mbama témoignent des déboires que cet ancien ministre a connus lors de "sa courte" détention à la DGST. "L'endroit est sans foi ni loi, on peut vous y détenir jusqu'à plus de 72h au mépris de la loi. Je ne sais pas si le pays a besoin d'endroits comme ça. La DGST franchement à quoi ça sert", s'est demandé le professeur Tsomambet arrêté le 4 novembre dernier au domicile de l'opposant Mierassa où ils tenaient avec une trentaine de personnes une réunion sur le changement de la constitution et les événements survenus au Burkina Faso.

"J'ai été gardé avec onze personnes dans un réduit, sans moustiquaire, avec trois petits matelas, exposé aux piqures de moustiques. Chaque jour ils nous apportaient un sandwich à la sardine que nous avons d'ailleurs refusé de manger. Heureusement que notre nourriture venait de l'extérieur, de nos parents. Ces pratiques doivent cesser, c'est une humiliation. On ne peut pas traiter les êtres humains dans ces conditions", a dénoncé Tsomambet, ancien recteur de l'Université Marien Ngouabi.

Réclamant la reconnaissant de ces titres, cet universitaire se dit être tombé plus bas qu'il ne l'a jamais rêvé. "Je suis quand même un ancien ministre de ce pays, un Grand officier du mérite congolais, un ancien recteur de l'université Marien Ngouabi, un Grand commandeur de ce pays, un Grand Prix de la recherche scientifique. Pourquoi traiter des cadres comme ça", s'est-il encore interrogé dans sa légendaire voix grisonnante.

N'ayant pu retenir ses larmes, un autre universitaire, le professeur Henri Boukoulou, président du parti des verts du Congo, a raconté dans le plus grand lyrisme son séjour à la DGST. "Je ne savais pas que ces choses-là existaient encore dans notre pays. Nous ne sommes pas de criminels ou de vulgaires voleurs pour être traités ainsi comme au temps du monopartisme. J'ai passé trente ans de ma vie à enseigner les jeunes gens à l'université. Et qu'on me bastonne, me soulève et me jette dans une Bj, franchement que reste-t-il d'un citoyen responsable comme moi? J'ai ensuite passé six jours sans me laver, sans vraiment me coucher", a-t-il témoigné entre des sanglots.

Après leur sortie de la DGST où ils étaient retenus officiellement pour "troubles à l'ordre public" avec certains militants et des étudiants, ces responsables de l'opposition congolaise ont manifesté leur grand étonnement sur les pratiques de détention à la DGST. "La DGST n'est pas le lieu habituel pour garder les gens qui doivent être poursuivis en justice. C'est une structure qui a des pratiques à bannir et à dénoncer. Ces pratiques nous rappellent celles de l'ancienne sécurité d'Etat au temps du mono", a rappelé Clément Mierassa qui a annoncé saisir le juge pour les préjudices subis par ces collègues de l'opposition.

Eric Mampouya devenu sans papiers depuis cette mésaventure au domicile de Clément Mierassa se dit vulnérable "ne sachant pas comment ses régler les notes et réagir aux situations civiques faute de papiers". Il a raconté lui aussi que lors de sa détention, ils avaient en partage une chaise à trois, deux co-détenus qu'ils ne connaissaient pas, des ressortissants de la province de l'Equateur en RDC, selon lui. "On ne devait faire kaka que deux fois par jour, à 7h et à 19h. On peut se laver, mais sans savon, on mange des sardines. Des endroits qui ne devraient pas exister dans notre pays, des choses absolument à bannir", a-t-il tempêté.

A l'issue de cette conférence de presse, les anciens détenus de la DGST ont réaffirmé leur combat. "C'est le président de la république qui a lancé ce débat, et lui disait qu'il devrait écouter tout le monde avant de demander au peuple de trancher. Pourquoi quand c'est nous, il y a la police qui vient nous attaquer", se plaint Eric Mampouya.

Lors de l'arrestation de ces opposants chez Clément Mierassa, ils ont été dépossédés de leurs biens de valeur, "téléphones et 100.000 francs CFA, carte grise et permis de conduire", pour le professeur Boukoulou, "carte monétique, passeport et téléphones", pour Eric Mampouya, et 150.000 francs CFA pour un étudiant. Les plaintes déposées par les intéressés à la police ont purement et simplement été "rejetées"!

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