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Marie-Josée Mathey devant le vieux matos de la télé
Marie-Josée Mathey devant le vieux matos de la télé

Formée en France à Maison Laffite, Marie Josée Mathey a été la voix d'or de TéléCongo qui a interviewé de grandes célébrités comme El Hadj Omar Bongo, Mobutu Sese Seko, Marien Ngouabi… Brièvement hospitalisée en France où elle habitait désormais, elle est décédée le 6 novembre des suites d'une courte maladie alors qu'elle venait de totaliser ses 77 ans d'âge.

Selon un de ses six enfants, William-Hilaire Mathey, sa mère est décédée après une brève hospitalisation en région parisienne. Les premiers témoignages ont été ceux des proches collaborateurs comme Marie Françoise Kitouka ou Jean-Bruno Thiam qui ont connu « une grande dame, une professionnelle du journalisme ». Très tôt, elle a couvert les grands événements fondateurs de la jeune République du Congo, Parmi les couvertures des faits marquants, les prestations de serment des présidents Fulbert Youlou en 1960 et neuf ans plus tard, celle de Marien Ngouabi, sans oublier les mutations révolutionnaires sous Alphonse Massamba-Débat. Elle aura interviewé les personnalités de son époque. Plus près de nous : Mobutu Sesse Seko, El Hadj Omar Bongo Ondimba, Jean-Bedel Bokassa. Hors du continent, Norodom Sihanouk est passé à son micro.

Mais la grandeur de cette personnalité ne saurait être réduite à sa seule carrière de journaliste d’exception. Elle a été aussi une pionnière du combat contre l’apartheid ; une amoureuse du livre ; une adepte de la culture.
Après des études secondaires au Congo, Marie-Josée Mathey vient en France pour une école de journalisme à Maisons Laffitte. À l’issue de sa formation, elle rentre à Brazzaville où elle devient la première speakerine de la Télécongo. Le débit fluide de sa voix, le travail, la justesse de l’expression en font la meilleure. S’en suivront des postes de responsabilités qui l'ont conduite de la présidence de la République jusqu’à la diplomatie.

Dans les années 80, elle embrasse une carrière diplomatique internationale. C’est auprès de l’Unesco qu’elle excelle dans le secteur de la culture comme spécialiste de programme dans la politique du livre. Elle s'épanouit et s'enthousiasme pour le vaste programme Unesco, intitulé, « Culture de la paix » avec à l'appui, plusieurs de ses contributions.

À l’évocation de la mémoire de sa mère, William-Hilaire se souvient que, grâce à elle, durant son mandat de représentante de l’Unesco en Afrique centrale avec siège en RCA, en impliquant le corps enseignant international, les élèves centrafricains ont pu passer leurs examens de fin d’année alors que les grèves à répétition ayant jalonné le cours de l’année scolaire ne laissaient aucune chance de la terminer normalement. Et de préciser aussi que Marie-Josée Mathey était de toutes les négociations ayant abouti « aux accords de Bangui » de janvier 1997 pour ramener la paix dans le pays de l'après Bokassa. Ange-Félix Patassé, président de la République de l’époque, l’avait élevée au rang de « Commandeur » avec les honneurs de circonstance de la garde présidentielle. Une élévation dûe pour son activisme et ses médiations face aux nombreux conflits ayant émaillé les deux mandats d'Ange-Félix Patassé.Marie-Josée Mathey, première speakerine de Télécongo

En 2000, la journaliste congolaise accède à la retraite. Amoureuse du livre, elle comptait ouvrir une bibliothèque « pour mettre à disposition les milliers d’ouvrages en sa possession », confie William-Hilaire Mathey. Ainsi, elle aura vécu toute sa vie sous le signe du partage du savoir.

Marie-Josée Mathey sera inhumée le 18 novembre dans la région parisienne en France.

AVEC MARIE ALFRED NGOMA DE ADIAC-CONGO

Tag(s) : #Culture
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