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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Brazzaville: Les pluies ne font que commencer et déjà... les morts!

Publié par Arsène SEVERIN sur 24 Novembre 2014, 20:08pm

Catégories : #Societé- Développement

Boulevard Alfred Raoul de Brazzaville
Boulevard Alfred Raoul de Brazzaville

Les premières informations font état de trois morts et de nombreuses pertes matérielles. Tristesse et prière ont monté vers le ciel toute la journée du 24 novembre à Brazzaville et à Pointe-Noire les deux principales villes du Congo.

Elles étaient déjà là depuis octobre. Mais la pluie qui est tombée ce lundi matin sur la capitale congolaise a laissé des stigmates et des conséquences dont on se souviendra longtemps : perte en vies humaines et importants dégâts matériels. Les pluies sont de retour et Brazzaville n'en était pas prête. Elle subit alors de plein fouet la rigueur de la pluie. Les canalisations bouchées ou inexistantes, les routes dégradées ou des ruelles encastrées et perdues sur les collines ne sont pas en mesure de supporter les masses d'eau qui tombent du ciel.

Trois morts seraient dans un premier temps enregistrés dans les collines de Talangaï où depuis des années les populations sont soumises à l'exercice de passer la nuit dehors, risquant de se faire emporter. Les pleurs ont encore été de ce côté. Le quartier Tout Pour Le Peuple des années 70 avec El Comandete s'est bien après révéler un gouffre. La destruction de la végétation (bambous) par les occupants aujourd'hui dits "anarchiques" a mis le sol à nu et à chaque pluie, les pleurs se font entendre de ce côté de la ville. Mais comme les larmes de ces attristés se confondent aux eaux de la pluie, personne ne vient à leur secours.

Comme pour blaguer, un député de cette zone a mobilisé la semaine dernière les jeunes de Talangaï pour implanter quelques sacs de sable afin de parer aux érosions. Deux jours seulement après, les eaux ont tout léché sur leur passage, emportant maisons et autres biens de valeur. A la télévision nationale, le fameux député déclarait qu'il avait entendu les pleurs des populations. Bien entendu! Que même sa participation a été égale à son efficacité: le chaos!

Comme on peut le voir sur cette image triée parmi tant d'autres, aucun coin de la ville n'a été épargné. L'eau a pris toutes les grandes artères. Avec un peu de chance, certaines avenues se sont vite désengorgées, mais d'autres ont été transformées en lit de ruissellement. L'avenue des Trois Martyrs a encore été le martyr de la modernisation de Brazzaville. Les eaux ont coulé le long de l'avenue, inondant au passage toutes les habitations. L'avenue Denis Sassou N'Guesso a été transformé en fleuve à la hauteur de Mpila. De la CFAO jusqu'aux établissements Guenin, les eaux n'attendaient plus que les pêcheurs. Dans la petite allée de Blanche Gomez entre le camp Clairon et l'ASECNA, les petites voitures ont pris la capacité de tortues pour y passer.

Devant les palais et des affaires étrangères, nos deux bijoux, un fleuve se crée à chaque pluie. C'est l'image qui illustre cet article. Devant les 200 logements des Chinois à Mpila, les taxis ont bu de l'eau jusqu'à ne plus fonctionner. Les maison aux alentours, déjà lézardées par les explosions du 4 mars, ont ressemblé pendant de bonnes heures à des campements de pêcheurs au milieu du fleuve Congo. Dans un commentaire sur Facebook, un internaute a écrit : "C'est dans ce contexte qu'on attend les 200 bus en questions? En moins que ce soit des amphibies". Un autre, plus inspiré ajouté : "J'ai eu un business, je vais lancer des taxes-pirogues pour me faire des sous pendant les pluies". De quoi rire, mais ces éléments devraient plutôt pousser à réfléchir sur la qualité des infrastructures. Les pluies, c'est jusqu'en Mai. A deux mois seulement, les grincements de dents ont commencé.

Pointe-Noire aussi a été sous les flots. Les eaux ont coulé comme si elles revenaient de la mer. Déjà lors des exercices militaires Loango 2014, la pluie avait fait son bonheur, les soldats s'en souviendront terriblement de ce jour s'ils ne l'avaient pas déjà maudit. Lundi, les vannes du ciel ont été ouvertes dès 4h et le rythme de la pluie, bien que n'étant pas comme à Brazzaville, a empêché plusieurs pontenegrins de sortir. Après une accalmie, les gouttes ont repris l'après-midi.

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