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Des tombes souvent éventrées par des chasseurs d'os
Des tombes souvent éventrées par des chasseurs d'os

Les populations de la commune de Bouansa dans le département de la Bouenza, ville située à près de 200 Km au sud ouest de Brazzaville vivent une peur bleue, occasionnée par l’activisme spectaculaire des déterreurs. D’après ces populations, les déterreurs s’attaquent aux personnes vivantes, et non plus uniquement aux seuls morts, dans le but ultime d’en retirer les ossements, une vraie source de financements pour une certaine jeunesse de Bouansa.

« Le bruit circule sérieusement sur le retour des déterreurs qui ont changé leur mode opératoire. Ils utilisent les voitures pour tenter d’enlever les enfants, les décapiter ensuite et les plonger dans l’eau dans des sacs jusqu’à décomposition pour en retirer les eaux », explique Marie Malanda, une habitante de Bouansa.

« Sur la route des champs, cette affaire persiste. On ne sait pas si c’est vrai, mais les femmes sur la route des plantations en parlent », s’inquiète une autre paysanne.

« J’ai demandé à tous les enfants de me rejoindre aux champs à la fin de leurs cours. Rester seuls au village ne m’inspire pas confiance. A Bouansa ici, nous savons de quoi sont capables ces déterreurs », ajoute la paysanne.

D’après plusieurs témoignages recueillis par Tam-Tam d’Afrique auprès des populations de Bouansa, aucun cas de disparition d’enfant ou d’adulte n’a été constaté. Mais pourtant, ces populations ne sont pas prêtes à désamorcer leur peur. « Comment ne peut pas croire ? Les déterreurs ? Mais c’est ce qu’il y a de plus puissant ici. Ils ont l’argent, donc tout le soutien possible », souligne Joseph Mankou, habitant de Bouansa.

Pour Jacques Loussoukou, enseignant retraité, les populations en plus peur des événements du passé. « Nous avons vécu ces cas de disparition d’enfants et d’adultes, donc les gens ont raison de faire attention. Vous savez, un chaud échaudé craint l’eau froide », affirme-t-il.

En mars-avril 2008, les populations de Bouansa avaient déploré la disparition de trois enfants. Ces actes ont été attribués aux déterreurs, connus dans la localité pour leur activisme de plus en plus croissant. D’après des témoignages concordants, le corps d’un enfant a été retrouvé emballé dans un sac au quartier Badondo, non loin du collège de la localité. C’est à la suite du retrait des eaux d’inondation que la découverte macabre a été faite. « Loin d’un acte isolée, on peut penser que les déterreurs n’ont pu retrouver leur cachette. Et puis, beaucoup de gens connaissaient déjà l’affaire », indique M. Loussoukou.

Sur la route nationale n°1, non loin du village Mantsoumba, un chasseur avait failli faire les frais de ces déterreurs, opérant dans une voiture appartenant un jeune homme d’affaires connu dans la ville. « C’est grâce à un troisième larron que le pauvre chasseur avait eu la vie sauve. Le témoin avait tout vu et alerté les populations de la présence de la voiture suspecte, dans laquelle le chasseur avait été embarqué de force », explique l’enseignant retraité, ajoutant que le chasseur y avait été débarqué sous la pression des populations.

Mais les présumés malfrats ayant, comme d’habitude trouver des subterfuges pour s’en tirer, ne s’étaient du tout inquiétés. Encore moins, celui qui serait considéré comme leur commanditaire.

Suite à ces événements terrorisants, les populations de Bouansa entretiennent une grande peur, redoutant à la même période, le retour des déterreurs, connus dans la localité sous le nom de « mindjoula ».

Depuis quelque temps, ces populations ont même changé le traitement de leurs morts. D’après plusieurs témoignages recueillis à Tam-Tam d’Afrique, à la mort d’une personne, les parents, pour éviter que le corps soit emporté, versent de l’acide sulfurique sur le macchabée. « Comme ça, chair, ossements et linceuls disparaissent sous l’effet de l’acide », commente M. Loussoukou.

« En mars dernier nous avons été obligés de renverser près de cinq litres d’acide sur le corps de notre père, décédé à Brazzaville et enterré à Bouansa », témoigne Kallet Kaya, un des fils du défunt.

Les populations de Bouansa demandent l’assistance des autorités politico-administratives et judiciaires dans le dénouement de ce phénomène. Les agents du commissariat de police de la localité d’inspirent plus confiance à la population qui les traitent comme complices des déterreurs. « Nous savons que les policiers prennent de gros pourboires auprès des déterreurs. C’est pourquoi aucun déterreur, même pris en flagrant délit, avec des ossements sur la tête ne peut rester en prison », dit le vieil enseignant.

Le président du tribunal de grande instance de Madingou, Jean Stéphane Mvouelemba et le procureur de la république près ce tribunal, Joseph Mankou, devraient aussitôt ouvrir une information judiciaire sur ce que vivent les populations de Boaunsa, et voir déjà si leurs prédécesseurs n’avaient pas ouvert un dossier à propos.

Tag(s) : #Societé- Développement
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