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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Barbès et Château Rouge : l'Afrique en plein Paris!

Publié par Arsène SEVERIN sur 13 Octobre 2014, 07:49am

Catégories : #Societé- Développement

Des commerçants ambulants et acheteurs se bousculent
Des commerçants ambulants et acheteurs se bousculent

Deux points de chute des Africains à Paris, le marché Barbès et Château-Rouge. Tout est vendu comme dans les marchés d'Afrique et les langues d'échange sont parfois loin du Français, le Lingala, le Swahili, le Wolof et l'Arabe. Reportage dans un mythique quartier parisien.

Le grand bruit! Ici tout contraste avec le calme légendaire des quartiers huppés comme le Quai de Grenelle à Montparnasse dans le 15e arrondissement de Paris, la capitale de la France. A la sortie du métro 4, l'Afrique est singulièrement au rendez-vous. Les mythiques et caractéristiques vendeurs ambulants rappellent la grande ambiance des rues de Dakar, les marchés trop bruyants de Total ou de Moungali à Brazzaville, les galeries de la Gombe ou les étalages de Gambela à Kinshasa. L'Afrique est en plein coeur de Paris, dans le 18e arrondissement.

Aujourd'hui le soleil est au rendez-vous malgré le froid matinal qui continue de glacer la journée. Depuis les stations de métro Gare du Nord ou Gare de l'Est, les voitures se bandent des Africains. C'est comme si la rame allait droit dans l'un des pays du continent noir. Et pourtant c'est bien en plein Paris. Le boulevard Barbès commence dès la station Rochechouart et s'arrête à Marcadet-Poissonniers. La ligne 2 dessert elle aussi le grand marché de Barbès au moyen d'un viaduc.

Barbès est à la fois un regroupement de petits vendeurs, des consommateurs à la sauvette et des badauds, mais aussi des super commerces installés et bonne et due forme! Armand Barbès, pour faire un tour éclair dans l'histoire, fut un homme politique français, député du 19e siècle. Barbès Château-Rouge c'est plus de 199 000 habitants et la natalité, plus de 17%, y est très forte.

L'ambiance particulière

Dès la sortie du métro, les odeurs de brûlé, de moisissure ou de sueur frappent aux narines. C'est l'Afrique, crie un homme avec un ton camerounais. C'est ici qu'on trouve les fameux vendeurs ambulants qui attendent, impatients, mais assurés. "Parfum chef!", crie un ressortissant de la RDC, tirant un pan de son vieux manteau noir sous lequel gisent imperturbablement des flacons de parfum. Des vrais ou des faux? Lui-même et sa conscience savent. Mais les témoignages sur ces produits quasiment de la contrebande échappant à tout contrôle du fisc sont plutôt mitigés. Certains clients ont versé les larmes d'autres ont pu arborer un large sourire après des courses à Barbès.

Un autre, plutôt type ouest africain à en croire sa noirceur bois noir, genre Diallo ou Abdoulay, vante un article dans un français façon-façon. "Cigarette Maliboro ya na ici", lancé-t-il avec émoi et un sourire qui laisse entrevoir une rangée de dents grisées certainement par ces cigarettes ! En longeant la grande avenue Barbès, vieille du 19e siècle, des Kinoises pur sang vendent le maïs sur un foyer à charbon. 1euro le maïs! Même si les gens ne se bousculent pas, mais ça se vend plutôt bien si on s'en tient à ce que dit Lili, une des vendeuses. Toujours belle dans un maquillage de Kinshasa.

Le bruit est infernal ici. Les véhicules, les scooters et les personnes se mélangent. Les boutiques vestimentaires s'alignent de façon interminable. Les prix varient selon les articles et leur qualité. De 1 à 300 euros. Un Brazzavillois, toujours sapeur et amoureux de la fringue, cigare serrée entre les dents appelle les clients. "Hommes allureux, venez vous faire plus beaux", indique-t-il à deux hommes visiblement français qui disparaissent dans la foule avec un éclat de rire. "C'est de la bonne vie ici, c'est la sapelogie", ronronne-t-il avec sa cigare.

Les petits prix

Les femmes se fourrent dans les bassins à vêtements pour enfants. Mais il y en a aussi pour les adultes. ici on s'habille à petit prix. Des pulls à 2 euros, des bottes à fourrure à 5 euros...et puis quoi encore? Des chemises à 3 euros, des sacs à 5 euros! Dans un carrefour pas loin de la poste de Barbès, deux Brazzavillois de vert olive vêtus, sont vite reconnus par leur dialecte de conversation. "Manichi ?", demande un jeune homme à un quinquagénaire visiblement abattu par le poids de travail. Il répond négativement de la tête. Un vrai Lari du Pool qui n'a pas oublié sa langue. "Sa muendo", intime le jeune, convaincu pourtant qu'il n'était pas écouté par un doyen déjà trop hors du temps.

Sous les arbres qui pavoisent le boulevard Barbès, trois jeunes Kinoises sont assises sur un long banc. En face, un petit hôtel et un salon de coiffure. Dans un habillement plutôt sexy et salivant, elles sourient à tout passant. Des habitudes qui rappellent nuitamment les trottoirs de Matonge à Kinshasa ou ceux de Nganda Ba Soso ou Mabouaka à Brazzaville... Franchement tout est à Barbès. Et ce n'est pas ce vieux Béninois, bouteille de Guiness dans un sac plastique noir, avalant discrètement l'amer liquide, qui le démentira!

Dire qu'il n'y a que des Africains à Barbès ou à Château-Rouge, c'est faire preuve d'un aveuglement. Et tous ces Saoudiens ou Koweïtiens qui vendent des Smartphones sous des manteaux? "Téléphone", lancent-ils à chaque passant. Et ces femmes syriennes qui vendent le maïs à côtés des Kinoises? En fait, c'est le quartier de la pauvreté. ici au moins, les prix s'adaptent au pouvoir d'achat des gens. Pour la mairie de Paris, ce qurtier est trop bruyant et trop polluant.

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Rick Merveil 14/10/2014 06:56

Un bel article pour ne pas dire un bon reportage que j'ai eu le plaisir de lire avec un bon café ce matin dans le métro parisien me conduisant au travail.Le détail est on ne peut plus réel et ça c'est un travail de terrain.Oui un beau tableau de l'Afrique sinon du multiculturalisme dans un arrondissement parisien.J'ai trop aimé et trop rigolé suscitant parfois des oeillades malsaines.

ouverture de porte paris 5 13/10/2014 23:10

Je vous vante pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Développez

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