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Félix devant son jardin de fleurs
Félix devant son jardin de fleurs

Teint sombre, robuste et crane rasé, Félix Milandou, la quarantaine révolue, est un jeune fleuriste à Brazzaville. Un métier qu'il exerce depuis son jeune âge d'abord par passion que pour y gagner son pain. C’est une passion de jeunesse, jusqu’à ce que je me rende compte que cela pouvait me procurer de l’argent.

Bien avant, les nombreuses variétés de fleurs que j’avais ne me servaient qu’à décorer ma petite bicoque, se souvient-il. Plus connu sous le nom de "Prodecor", Félix n’a pas fait de longues études. Il n’a pas pu décrocher son Brevet d’étude moyen général (BEMG), "faute de soutien", justifie-t-il. Mais avec son niveau de la classe de troisième, il s’exprime assez bien en français, et reçoit donc toutes les catégories de clients. Il y en a qui ont vécu en France et qui ont un goût pour les fleurs, d’autres sont des expatriés qui tiennent à décorer leurs maisons ici. Il faut savoir les aborder et discuter avec eux, explique notre fleuriste dans l'âme.

Son parcours de fleuriste commence en 1986, alors qu’il n’est encore qu’élève à l’école de kinsoundi, un quartier sud de Brazzaville. C’est en vendant quelques plants de fleurs du jardin qu’il avait aménagé chez lui que Félix découvre cette activité. A l'époque, il fait des recettes de 4000F à 5000F Cfa la journée. Déterminé, il s’installe au centre ville en 1994, précisément à la direction générale de l’Office congolais de routes (OCR), aujourd’hui siège du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, où le nombre de ses clients a augmenté, tant il a gagné en visibilité. Avant, c’était une vraie brousse ici. Mais, avec la beauté des fleurs, cette arrière cour du ministère est devenue irrésistible pour les passants, se réjouit-il. Assisté par deux collaborateurs, Félix ne se gêne pas quand il parle de ses revenus à la fin de chaque journée. Ici, il faut beaucoup de patience. Quand ça marche, on peut encaisser jusqu’à 20.000F Cfa le jour. Quand ça ne marche pas, on rentre avec zéro franc. Il faut être optimiste, car il y a des jours où on peut compter jusqu’à 100.000F CFA de recettes journalières, confie-t-il avec un large sourire.

Toujours jovial, mais d’un ton sérieux, Félix Milandou indique que l’aménagement des jardins chez des particuliers est une grande source de revenus pour les paysagistes et fleuristes. C'est à ces occasions, qu'il il réussit à vendre à de meilleurs prix ses fleurs, et fixe juteusement le prix de la main d’œuvre. On rêve toujours de ces travaux avec un grand sourire, dit-il sans révéler le montant. Pelle à la main, Félix répartit le travail entre ses jeunes collaborateurs. Ces derniers doivent retourner la terre afin de l’enrichir avec du composte. Avec ces jeunes, il faut être sérieux dans les instructions, sinon ils n’exécuteront pas, souligne-t-il en interpellant un collaborateur qui ne semble pas comprendre sa tâche.

Malgré la multiplicité des variétés de fleurs dans la pépinière "La Providence", Félix, en bon professionnel réussit à satisfaire la demande des clients connaisseurs. Par ici, il y a les roses, l’hortensia. Là-bas, les ibiscus, les palmiers livingstoniens, et un peu plus loin il y a des acacias, des leas, des alocacias, des mimosas, des jacinthes…, cite de mémoire Félix en agitant mécaniquement son bras quasiment dans tous les sens.

Outre quelques difficultés, Félix Milandou est heureux d’exercer le métier de fleuriste à Brazzaville. Je ne suis pas malheureux, je m’occupe de mes enfants avec le peu que je gagne. Ce qui est vrai, c’est que l’Etat devrait nous soutenir, nous qui tentons déjà de faire quelque chose, sollicite-t-il. Pour lui, aucun jeune ne devrait plus justifier d'aucune oisiveté dans la maison de ses parents. Chacun doit essayer de faire quelque chose au lieu de continuer à voler dans les marchés. Ici, j’ai déjà formé quelques jeunes qui sont désormais à leur propre compte, conseille-t-il.

A l’appel du président Denis Sassou Nguesso, Félix Milandou a favorablement répondu. Nous sommes capables de créer et d’entretenir des jardins botaniques dans nos villes. Nous déplorons assez souvent que l’Etat fasse confiance à ceux qui ne connaissent pas le métier de fleuriste. Nous sommes prêts à accompagner la mairie de Brazzaville dans l’aménagement des jardins publics conclut-il avec un large sourire.

Tag(s) : #Societé- Développement
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