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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Le gaz et le pétrole lampant, où êtes-vous?

Publié par Arsène SEVERIN sur 14 Juin 2014, 14:53pm

Catégories : #Societé- Développement

Le gaz et le pétrole lampant, où êtes-vous?

Le gaz et le pétrole lampant, sont les hydrocarbures quotidiennement consommés par les Congolais moyens. Si ça manque, ça boude! Bien sûr, quand les moyens boudent, on entend pas, hélas! Le prix du litre du pétrole va du simple au double, avec ces délestages sauvages, alors que pour le gaz butane, il faut donner des "consignes", si on y tient! C'est vrai que les cris des populations arrivent droit à l'intérieur des oreilles des autorités qui gèrent ces choses, et de temps en temps, on vit un léger mieux! REPORTAGE.

Furieuse, Bénédicte Banza, les yeux rouges et larmoyants, ploie à faire cuire aux bois de chauffe un mets de poulet aux haricots verts. Elle souffle constamment sur son foyer pour attiser le feu. « Voilà une semaine que je n’ai pas le gaz. Dans tous les dépôts on a affiché : Pas de gaz », dénonce-t-elle avec beaucoup d'amertume.

Le prix officiel du gaz est 5 700 francs CFA en bouteille de 12 Kg et 9 000 francs CFA pour celle des 20 kg. « Ce sont des prix officiels différents de la réalité sur terrain. Il faut donner des consignes donc entre 2 000 et 5 000 francs CFA pour avoir le gaz. Sinon, il faut s’aligner et au finish on n’a pas le produit », nous indique Bénédicte Banza, toujours d'un air méprisant et colérique.

Dans plusieurs dépôts de vente de gaz, les usagers payent plus pour obtenir le produit. Et pourtant selon Gaston Bobianga, le directeur général de Gaz et pétrole liquéfié (Gpl), la société stocke 808 tonnes de gaz, dont 308 tonnes à Brazzaville. Estimée seulement à 84 tonnes à Brazzaville en 2001, la capacité de stockage de Gpl a été augmentée face à des besoins toujours croissants. Pointe-Noire verra bientôt sa capacité passer de 575 à 5 167 tonnes de gaz. « Gpl qui a commencé en 2001 avec seulement un wagon citerne, peut aujourd’hui transporter le gaz dans 11 wagons », se satisfait Gaston Bobianga.

Mais cette rupture récurrente de gaz à Brazzaville ? Gpl évoque les difficultés du chemin de fer CFCO qui ne transporte pas toujours à temps tout le gaz qui traîne à Pointe-Noire. « Nous expérimentons actuellement le transport en vrac du gaz par route entre Pointe-Noire et Brazzaville », informe le directeur général de Gpl.

Le pétrole lampant est l’un des principaux produits pétroliers que les populations utilisent au Congo. Face aux coupures intempestives d’électricité, la lampe à pétrole et un dernier recours. Un réchaud à pétrole aussi. Selon le gouvernement, l’augmentation de la consommation de ce produit a été de 16% en 2013. Mais, le pétrole n’est toujours pas accessible à tous. Soit il est rare, soit il est cher.

Depuis septembre 2008, toutes les stations affichent 350 francs CFA le litre de pétrole à la pompe. « Mais, le produit n’est jamais là. Les tenanciers des stations préfèrent vendre le pétrole aux revendeurs qu’à nous autres consommateurs », déplore Eugène Kouakira, habitant de Moungali. Il explique que sur les quatre lampes qu’il doit allumer pour éclairer sa maison lorsque le courant est coupé, il n’utilise qu’une seule. « Pas assez de pétrole pour toutes les quatre », martèle-t-il.

Méticuleux, un enseignant s’ironise : « Si le Congo ne produisait pas le pétrole, nous nous éclairerions avec la sève de certains arbres de la forêt. Le pétrole lampant ne devrait pas manquer dans les stations services ».

Le pétrole coute cher dans les quartiers populaires. Entre 650 et 900 francs CFA le litre. Le bidon de 25 litres coûte13 500 francs CFA. Trop cher pour les familles qui n’ont de choix que d’acheter auprès des petits revendeurs, des mesures de 100 ou 200 francs CFA. De quoi s’éclairer pour une nuit.

Le Congo dispose pourtant d’une unité de transformation du brut en pétrole lampant, la Congolaise de raffinage (Coraf) dont la capacité est de 1 000 000 de tonnes l’année. Mais cette production n’a jamais dépassé 70% de la capacité.

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