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Et si on allait faire un tour au CHU de Brazzaville...

Il se passe de choses au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B), pas toujours en mal. Des innovations techniques et technologies de pointe qui contrastent vraiment avec le CH-TU que les Brazzavillois, humiliés charcutés dans cet établissement, ont chanté partout. Je n'en crois pas mes yeux, m'a répété mille fois le petit parisien, toujours hautain et orgueilleux, qui m'accompagnait. Alors je lui répondu, hé bien mon gars, s'il n'en croit pas ses yeux, alors il doit les arracher et les jeter du haut du 4e étage où étions. Mais en guise de réponse, le petit voyou est arrivé à cette conclusion : "Aujourd'hui les choses sont entrain de changer au CHU de Brazzaville. Alors, visitons vite ensemble le complexe". REPORTAGE

On se perd un peu dans la cohue habituelle des urgences, où nous avons rendez-vous avec notre guide, Cyr Mesmin Obira, responsable de communication au CHU-B. Ici, de moins en moins les gens piaffent d’impatience...et de douleur. Malgré le débordement du personnel d’accueil qui reçoit jusqu’à 40 malades au lieu de la quinzaine prévue par jour, les souvenirs lugubres s’éclipsent des usagers. Les comportements changent depuis l’arrivée en octobre 2012 de Bernard Ovoulaka à la tête de l’établissement.

Alors que notre guide ajuste son badge pour commencer la visite, un vieillard, visiblement tabassé par ses petits-fils, arrive quasiment mort, incroyablement dans le coffre d'un taxi (ha, Brazza Makambo!). D'ailleurs l'inconnu qui l'y a conduit s'est sauvé à bord du même taxi, ne laissant derrière que de l'odeur brûlée de l'essence et les cris curieux des usagers. Mais en quelques secondes, les brancardiers se mobilisent, et l’infortuné inconscient est vite pris en charge par les médecins. « C’est l’esprit Ovoulaka », lance un autre brancardier, pour saluer les nouvelles manières du directeur général. « Je sais qu’il y a encore des efforts à faire, et j’y veille personnellement », confesse Bernard Ovoulaka d’un ton déterminé. Il y a quelques semaines il a radié un médecin pour avoir volé les médicaments d'un malade, nous a dit notre guide, qui n'osait même pas le fixer du regard.

Après les urgences, on prend les marches pour le premier niveau. La nouveauté ici c’est l’unité des soins des Accidents vasculaires cérébraux (AVC), première cause du handicape adulte au Congo. Mise en service en janvier 2014, l’unité AVC a été créée et équipée par ISD, une société spécialisée dans le bâtiment, le médicament et l’équipement. L’unité dispose de 11 lits. Nous n’avons pas accès aux salles, mais on peut apercevoir une infirmière qui s’active à remettre le respirateur sur un patient inconscient. « Nous faisons tout nous-mêmes, les parents ne viennent que pour deux ou trois minutes de visite », affirme le major Kiang.

Au Bloc d'accouchement, les sept salles réhabilitées par ISD sont encore désertes. Une partie de matériel est déjà sur place, nous assure Cyr Obira. Nous avalons ensuite une à une les marches pour atteindre, essoufflés, le quatrième étage. Dans le long couloir du service de neurologie, des victimes de AVC tentent quelques mouvements. Près de nous, une femme s’appuie au mur pour marcher, alors que tout au bout du couloir, un homme âgé avance à l’aide des béquilles. Une salle de rééducation est mise à leur disposition. L’équipement est de haute qualité et pendant une année ISD devrait en assurer la garantie fonctionnellement.

Un médecin nous raconte qu’il y a deux ans, le CHU pour stériliser son matériel, faisait recours à l’hôpital central des armées. Alors que les malades à opérer attendaient incertains devant le bloc. Aujourd’hui, le service de stérilisation flambe neuf. « Il y a ici huit cycles de stérilisation par jour », indique un technicien de ISD, précisant que « tout le système d’hygiène de l’hôpital se joue ici ».

Le CHU dispose d’une Imagerie à résonnance magnétique de pointe. Avec un budget d’investissement estimé à plus de 7 milliards de francs CFA dont 3 milliards des fonds du CHU, la direction de l’hôpital compte pousser loin l’innovation. « Je préfère que les malades soient évacués à l’étranger faute de médecins et non du matériel ou des médicaments », s’est engagé Bernard Ouvoulaka.

Dans les bâtiments annexes, une odeur de sauce s’échappe de la cuisine, naguère antre de souris. Les malades internés ainsi que le personnel reçoivent un repas par jour. A deux pas de là, l’atelier de couture, longtemps dans un piteux état, est désormais une salle climatisée. Selon le major Vincent Kitoulou, c’est pour la première fois qu’il changeait de machine en 33 ans de service. La buanderie, le bâtiment en face, est encore un vieux moulin. Mais plus pour longtemps, le CHU réhabilite les locaux les nouvelles machines à laver seront bientôt installées.

Tag(s) : #Santé
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